Francfort, un Salon auto dopé à l'électricité
La Tribune
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Écologique, verte, zéro émission? Synonymes et pléonasmes ne manquent pas pour qualifier la voiture de demain, politiquement correcte à souhait. Au Salon de l'automobile de Francfort, qui ouvrira ses portes mardi 15 septembre aux professionnels et jeudi 17 septembre au public, les constructeurs multiplient les concepts de modèles supposés vertueux.Les Français se mettent particulièrement en avant dans ce domaine. Renault dévoile ainsi une gamme de quatre modèles électriques. PSA expose pour sa part la Peugeot Ion, une minivoiture électrique équipée d'une batterie lithium-ion rechargeable sur une simple prise. Développé par le japonais Mitsubishi et produit dans l'archipel, ce véhicule, qui dispose d'une autonomie maximale de 160 kilomètres, ne sera commercialisé qu'à la fin 2010. Citroën vendra également sa propre version et le groupe PSA compte en écouler 25.000 unités par an au total.Les constructeurs allemands ne sont pas en reste. Mercedes sera présent à Francfort avec une version électrique de la Smart, qui arrivera dès mars 2010 sur le marché, mais uniquement à destination des flottes (200 exemplaires sont prévus en France). Volkswagen exhibe pour sa part le concept de sa future petite Up, vendue à partir du début 2012, laquelle devrait être disponible en version électrique début 2013.Tout beaux, tout propres, ces véhicules électriques butent toutefois sur les mêmes sérieux écueils. La Mitsubishi i-Miev, qui sert de base à la Peugeot Ion, est proposée d'ores et déjà au Japon à? 35.000 euros. Un tarif exorbitant, trois fois plus élevé que celui d'une micro-urbaine traditionnelle. Il n'est donc acceptable que s'il s'assortit de fortes aides fiscales. Quant aux batteries, elles coûtent à elles seules jusqu'à 12.000 ou 15.000 euros pièce, selon le groupe Volkswagen. Enfin, le temps de charge de la batterie d'une Peugeot Ion est de six heures sur le réseau électrique classique (220 volts). Certes, une recharge rapide à 80 % en 30 minutes est prévue via des bornes dédiées, mais encore faut-il les installer !Surcoût substantielC'est pour cela que, à l'instar de Toyota, PSA ou les marques allemandes préfèrent parallèlement développer les hybrides (dotés d'une double motorisation thermique et électrique), plus polyvalents. Même si le constructeur français avoue ici aussi un surcoût substantiel, supérieur à 5.000 euros par rapport à un véhicule classique, différentiel qu'il espère ramener à 2.000 ou 3.000 euros à moyen terme. Peugeot proposera ainsi à Francfort le concept d'un coupé sportif RCZ de 200 chevaux, émettant seulement 95 grammes de CO2 au kilomètre, soit moins qu'une citadine diesel. Mercedes, pour sa part, lève le voile sur une limousine S 500 hybride rechargeable, prévue pour une mise sur le marché en 2012. Grâce à une motorisation électrique de 60 chevaux qui assiste un moteur à essence de 279 chevaux, cette voiture de prestige peut rouler en mode zéro émission pendant 30 kilomètres et affiche, de ce fait, des émissions moyennes de 74 grammes de CO2 à peine.Enfin, BMW crée l'événement avec son prototype de modèle ultrasportif, la Vision Efficient Dynamics, animée par un petit trois cylindres turbo diesel et deux moteurs électriques développant, au total, la bagatelle de 356 chevaux. Malgré la puissance, la consommation normalisée ne dépasse pas les 3,76 litres aux 100 kilomètres. Quant aux rejets de gaz carbonique, ils restent sous les 99 grammes. Peugeot et les Allemands veulent ainsi démontrer qu'écologie peut rimer avec hédonisme et plaisir de conduite. n
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