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trong>Oui : "la situation se dégrade simultanément dans tous les pays de la zone" (Véronique Riches-Flores)La récession ? Nous y sommes déjà ! Selon nos prévisions, après le recul de la croissance de 0,2 % en zone euro au second trimestre, le troisième trimestre devrait également se terminer dans le rouge (- 0,2 %) et le quatrième trimestre enregistrer au mieux une stagnation. L'année 2009 s'annonce donc difficile, avec un acquis de croissance négatif. Nous tablons ainsi sur une croissance de 0,5 % en zone euro l'an prochain contre une prévision de 1,1 % en 2008. Le plus alarmant est de constater une dégradation simultanée de la situation dans tous les pays de la zone euro. Les mêmes causes - retournement de cycle et fragilité du système bancaire - produisent les mêmes effets : panne de la consommation, chute du moral des ménages, baisse des marges des entreprises, détérioration du marché de l'emploi et dans certains pays, comme la France ou l'Espagne, crise de l'immobilier. Il existe bien quelques éléments de soutien comme la baisse des prix des matières premières et celle de l'euro face au dollar. Mais plusieurs facteurs structurels peuvent obérer la reprise à venir. Tout d'abord, la poursuite d'une politique monétaire restrictive. Ensuite, des marges budgétaires extrêmement étroites qui rendent illusoire toute idée de relance. Les pays hors zone euro traversent également une période très difficile - la Grande-Bretagne est ainsi en récession - et ils ne nous seront d'aucun secours pour nos exportations. Enfin, la croissance des pays émergents commence tout juste à ralentir, ce qui ne présage rien de bon pour 2009. Ne nous cachons donc pas derrière des arguties : nous sommes bien en récession et les effets de celle-ci sur l'activité européenne seront durables.Gilles Moec, économiste chez Bank of America à Londres.Non : "l'Allemagne pourrait rejouer son rôle de moteur de la croissance" (Gilles Moec)Si lamenace d'une récession paraît aujourd'hui réelle, avec un recul possible de la croissance au troisième trimestre, celle-ci ne sera que technique avec deux trimestres consécutifs de décroissance. Car je ne crois pas à une récession durable avec des effets massifs sur l'emploi, comme en 1992-1993. À cette époque, personne ne pouvait déceler le moindre signe permettant d'espérer une sortie de l'ornière, ce qui plongeait l'économie dans une spirale négative.Or, aujourd'hui, nous pouvons identifier les éléments qui peuvent faire repartir l'activité. La correction sur lemarché pétrolierm'apparaît ainsi tout à fait cruciale alors que l'envolée des prix du brut a eu un impact très fort sur le moral des ménages et le ralentissement économique. L'inflation pourrait même redescendre autour de 3 % à la fin de l'année et même transitoirement revenir sur un rythme annuel de 1,5%au printemps 2009. La baisse de l'euro est également positive, du moins à moyen terme, pour nos exportations. Enfin, les pays de la zone euro présentent des situations contrastées. L'Espagne traverse une crise profonde avec la chute de l'immobilier et la conjoncture française reste morose avec un marché du travail qui se dégrade et des handicaps structurels forts. En revanche, l'Allemagne n'a aucun déséquilibre structurel ou budgétaire à surmonter, l'emploi résiste, les salaires augmentent et la compétitivité de l'industrie reste forte. Bref, l'Allemagne pourrait bien rejouer, dès l'an prochain, son rôle de moteur de la croissance de la zone euro, ce qui nous permet d'être relativement optimistes pour 2009.Assumons la récession ! L'embellie de la croissance en zone euro aura donc été brève.Moins de trois ans. Car, aujourd'hui, économistes et dirigeants ne parlent plus simplement de ralentissement économique mais bien de récession. Le mot est lâché et il fait peur. Pour rassurer, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, dégaine la notion de "récession technique" pour mieux écarter le spectre d'une récession généralisée à tous les pays de la zone euro. Difficile pour autant d'éluder les mauvaises nouvelles et de nier le choc conjoncturel brutal de cette année 2008 — choc pétrolier avancent même certains économistes — et dont les effets sont jusqu'à présent supportés par les seuls ménages. Réunis à Nice, les ministres des Finances de l'Union européenne n'auront vraisemblablement pas de solution à apporter pour relancer la machine. Les politiques conjoncturelles européennes n'ont jamais été coordonnées, ni en période de prospérité, ni même en phase de crise. Il n'y a aucune raison que cela change aujourd'hui. L'Espagne agite l'arme budgétaire, l'Allemagne laisse filer les salaires et la France table sur ses réformes structurelles. Toutefois, l'Europe sait parfois parler d'une même voix. Tout d'abord, sur la politique monétaire avec la priorité assumée de lutte contre l'inflation au détriment de la croissance. Et ensuite sur la réduction des déficits publics, crise économique ou non. Comme si la récession qui se profile était un choix assumé de l'Europe.

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