La redécouverte des travaux de Benoît Mandelbrot

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gestion des risquesPour reprendre la formule de Leslie Rahl, la fondatrice du cabinet de conseil Capital Market Risk Advisors, « il semble que désormais, tous les trois ou quatre ans, nous devions faire face à la crise du siècle ». Certes, un rapide tour d'horizon des plus graves crises boursières internationales au cours des quarante dernières années peut légitimement susciter une certaine méfiance à l'égard des marchés d'actions. De 1973 à 1980, la Bourse espagnole a baissé de 85 %. Des reculs de l'ordre de 70 % à 80 % ont également été enregistrés en Italie de 1970 à 1977, en Grande-Bretagne de 1972 à 1974, ainsi qu'au Japon entre 1989 et 2003. Plus récemment, l'éclatement de la bulle Internet au début de la décennie et la crise financière, qui a réduit les valorisations de moitié depuis deux ans, ont consacré le retour de l'aversion au risque des investisseurs et la conviction que de nouvelles pratiques de gestion, telles que les approches flexibles, s'imposent désormais. Faille des modèles En matière de gestion des risques, certaines équipes de recherche en gestion d'actifs ont, de leur côté, souhaité mieux comprendre les failles des modèles d'analyse jusqu'alors employés.Ainsi, Paul Kaplan, vice-président en charge de la recherche quantitative chez Morningstar, s'est penché sur le thème des situations extrêmes de marché : « Couramment admises par souci de simplification, les hypothèses selon lesquelles les rendements des actifs financiers suivent une loi normale impliquent, en pratique, une sous-estimation des probabilités de crise grave sur les marchés. Au cours des années 1960, Benoît Mandelbrot, qui enseignait alors aux États-Unis, a mis au point un modèle de marché qui fournit une distribution des rendements plus conforme à la réalité, plus stable, d'où l'appellation « log-stable ». « La complexité du modèle développé il y a quarante ans, ainsi que les difficultés pour le mettre en pratique, ont jusqu'à présent dissuadé les équipes de recherche des grands groupes de gestion d'actifs de l'exploiter », explique Paul Kaplan, qui ajoute que ce modèle permet pourtant aujourd'hui de prendre en compte les excès, à la hausse comme à la baisse, enregistrés sur les marchés financiers. prochains mouvementsAprès avoir bénéficié d'un premier regain d'intérêt il y a dix ans alors que le secteur technologique était secoué par d'importantes turbulences, les travaux de Mandelbrot alimentent donc de nouveau les équipes de recherche du secteur financier, soucieuses de mieux appréhender les prochains mouvements violents qui ne manqueront pas de secouer les marchés.

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