La trésorerie des valeurs moyennes en nette hausse

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En 2009, la crise a poussé les sociétés françaises à gérer avec force prudence leur trésorerie. Face à la baisse de leur activité, les sociétés ont opté pour une politique de rigueur : optimisation de leur besoin en fonds de roulement via des déstockages massifs, réduction des investissements et politique de désendettement. Et pour cause : dans la crise, la trésorerie s'est révélée un outil primordial. La conjoncture déprimée a provoqué « une prise de conscience des managements et un retour aux fondamentaux, avec la planification des besoins à venir du groupe, la gestion des risques financiers et l'accès au financement », explique Mariano Marcos, associé chez PricewaterhouseCoopers dans le cadre d'une étude mondiale sur la trésorerie. À tel point que, selon une autre enquête de l'Observatoire ATH de l'information financière portant sur 153 sociétés cotées sur les trois compartiments d'Euronext (hors CAC 40, banques et finances), la trésorerie des entreprises concernées s'est nettement améliorée, à 35,2 milliards d'euros contre 28,1 milliards fin 2008. Dans cette politique de rigueur, deux grands secteurs se distinguent : l'industrie (construction, transports...) et les services (médias, distribution...). Ces domaines d'activité, d'après l'étude ATH, sont ceux ayant le moins réduits leurs investissements l'année dernière. Rembourser ou... s'endetterReste que leur stratégie a été bien différente. Ainsi, l'industrie a d'abord privilégié son désendettement. Le secteur le plus touché en 2008, a aussi été celui qui a le plus remboursé ses dettes, à hauteur de 1,56 milliard d'euros. À l'inverse, les entreprises de services ont pour leur part continué de s'endetter à concurrence de 1,66 milliard d'euros, et ce, afin de financer des opérations de croissance externe. Elles ont consacré 1,76 milliard d'euros à des acquisitions, soit une progression de 24 % par rapport en 2008, quand l'ensemble des 153 sociétés étudiées ont réduit de 72 % les montants dédiés à ces opérations. Deux stratégies donc, pour un objectif : se positionner au mieux pour la sortie de crise. « Ces deux stratégies se sont avérées payantes », souligne Philippe de Vandière, analyste chez IG Markets. « La réduction des coûts a permis de maintenir les marges tandis que la croissance externe s'est avérée créatrice de valeur », explique l'analyste. Pour autant, aucune de ces deux stratégies n'est encore gagnante, car tout va se jouer maintenant. « Aujourd'hui, les investisseurs regardent de près la capacité des entreprises à générer du cash. La réduction des coûts n'est plus seulement regardée. Ils attendent aussi une hausse de l'activité. L'utilisation de ce cash sera déterminante : elle devra servir à capter la croissance là où elle se trouve, à savoir dans les pays émergents. »

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