Deux ans après la crise, le G20 s'attelle enfin au risque systémique
La Tribune
La Tribune
Les banques françaises s'opposent, sans trop d'espoir, à la création d'une liste d'établissements systémiques.Le Groupe des 20, qui réunit depuis jeudi à Séoul les chefs d'État et de gouvernement des plus grands pays du monde, se penche sur l'élément déclencheur que fut la déstabilisation du système financier mondial fin 2008. Il devrait entériner le nouveau cadre prudentiel de Bâle III, qui impose notamment à l'horizon 2018 une multiplication par cinq des fonds propres « durs » des banques, à engagements égaux.Le Conseil de Stabilité financière (CSF) a défriché le terrain sur tous les sujets sensibles. Sur la sécurisation et la transparence des marchés de produits dérivés aujourd'hui négociés de gré à gré, ses recommandations devraient être endossées par le G20. La tâche s'annonce plus ardue sur la question des institutions financières d'importance systémique (Sifi en anglais) considérées comme trop grosses pour qu'on les laisse faire faillite (« too big to fail »). Ce sujet reste une pomme de discorde entre les anglo-saxons, partisans de fonds propres supplémentaires, et l'Europe continentale, qui privilégie le renforcement de la supervision. Les banques françaises sont d'ailleurs montées au créneau ces derniers jours. Mesures alternativesLeurs dirigeants s'opposent, sans trop d'espoir, à l'idée d'un label « Sifi », accusé d'encourager les banques concernées à profiter du soutien garanti par le régulateur pour prendre encore plus de risques. Ils martèlent qu'une surcharge en capital serait inutile pour la stabilité financière et dangereuse pour le financement de l'économie. Nos banquiers se montrent moins hostiles aux mesures alternatives, telles que la conversion en actions de certaines dettes juniors ou la création de « testaments », même s'ils soulignent les difficultés de mise en oeuvre. Le gouverneur de la Banque de France, également président de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), Christian Noyer estime pour sa part, dans un entretien au Figaro publié jeudi, que demander plus de fonds propres aux banques considérées comme systémiques « ne doit pas être automatique mais seulement une option » qui relève de la décision de chaque pays. Le Conseil de stabilité financière a en tout cas affirmé mercredi qu'il ne publierait pas de liste des établissements systémiques, démentant ainsi un article du Financial Times, qui prétendait dévoiler une liste de 20 SIFI dont BNP Paribas et Société Généralecute; Générale. Dans une lettre adressée aux chefs d'État et de gouvernement du G20, révélée par l'agence Reuters, le président du CSF Mario Draghi a par ailleurs passé en revue les cinq points fondamentaux du cadre « en vue d'aborder les risques systémiques et d'aléa moral associés aux Sifi ». S'il y évoque les capacités supplémentaires qui seraient nécessaires aux Sifi, il n'en précise cependant pas les modalités. Un rapport détaillé sur ce point est attendu vendredi à l'issue du G20. Mais dans un précédent rapport du 2 novembre, le CSF rappelait que les fonds propres ne sont pas la panacée, puisque la crise avait fait chuter des établissements considérés « comme hautement capitalisés ». Il soulignait aussi que des exigences de capital excessives pourraient déplacer le risque vers des entités moins régulées. Des remarques qui apportent de l'eau au moulin du Vieux Continent.Lire également pages 6 et 8
La Tribune
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?