France Télécom mise de plus en plus sur le cocktail croissance-rentabilité de l'Afrique

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Une facture mensuelle moyenne de 7 euros, cinq fois moins qu'en France, une minute de communication vendue 8 centimes, contre 18 centimes ici... Et pourtant, malgré ces petits prix, l'Afrique est extrêmement convoitée par tous les opérateurs de téléphonie mobile, Orange le premier. « On a peu de chance de se tromper quand on investit sur ce continent », affirme Marc Renard, le monsieur Afrique de l'opérateur français.D'une part, la démographie promet de belles perspectives de croissance : 45 % de la population sub-saharienne a moins de 15 ans et le taux moyen de pénétration de la téléphonie mobile dans cette région n'est encore que de 50 %. Ensuite, des structures de coûts nettement moins élevées qu'en Europe, principalement dans la distribution et le marketing, amortissent les petits prix de vente et permettent d'afficher des niveaux de marge opérationnelle souvent supérieurs aux standards des pays développés. Enfin, la création par les opérateurs de services dits innovants permet de recruter de nouveaux utilisateurs à moindre coût ou d'éviter que ceux-ci ne passent dans le camp de la concurrence, souvent très vive dans ces pays où l'utilisateur jongle facilement avec plusieurs cartes d'opérateurs différents.Transfert d'argent par SMSAprès cinq autres pays africains, le groupe français vient ainsi de lancer Orange Money au Kenya, un service qui permet de transférer de l'argent grâce à un simple SMS. « Ce type de service devient standard en Afrique où le taux moyen de bancarisation n'est que de 7 % », explique Mung Ki Woo, le responsable de la division paiement de France Télécome;lécom. Les marges ne sont pas énormes (2 % de commission sur un échange moyen de l'ordre de 40 euros) mais les volumes sont importants. Safaricom, la filiale kényane de Vodafone, qui a lancé son service en 2007, dispose déjà de 12,6 millions d'utilisateurs. Orange Money espère atteindre les 2 millions d'utilisateurs d'ici à l'été prochain, deux fois plus qu'actuellement. L'opérateur mise également beaucoup sur son système de recharge automatique du crédit d'appels, à la place des traditionnelles cartes à gratter. Un mode de vente qui représente déjà la moitié du chiffre d'affaires de France Télécom en Afrique.Dans son plan 2015, qui prévoit de doubler son chiffre d'affaires dans les pays émergents à 7 milliards d'euros, Orange assure qu'une grande partie de la croissance viendra de ces développement internes, portés par la vitalité économique du continent africain, même si cela n'exclut pas quelques acquisitions complémentaires. Le groupe vient ainsi d'entrer au Maroc via Méditel, ajoutant un 15e pays africain à son portefeuille. Olivier Pinaud

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