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Sur les traces des légendes de la photo, à Budapest

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Publié le 11 novembre 2010 à 22:22 - Mis à jour le 11 novembre 2010 à 22:22

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Près du Danube, dans la rue József-Attila, une petite boutique, Leica Vintage, en vitrine, annonce la couleur : Budapest est la capitale européenne de la photographie. Certes, de nombreux maîtres, de Capa à Kertész (aujourd'hui exposé au Jeu de Paume, à Paris) en passant par Brassaï, s'y sont vite sentis à l'étroit et ont préféré, dans l'entre-deux-guerres, rejoindre les artistes de Montparnasse, puis, partir pour d'autres théâtres, ceux d'une nouvelle guerre, ou conquérir New York. Si leurs traces sont désormais presque effacées, rien, en fait, n'est perdu.Une nouvelle génération de photographes, inspirée par ses illustres prédécesseurs, refait, elle aussi, le monde, à travers l'objectif, dans les cafés et les galeries de la capitale hongroise. Il fait bon, par une journée ensoleillée d'automne, dans la lumière propice à un bon cliché, déguster un café au Lumen, un café galerie photo de la place Mikszáth, histoire de prendre le pouls de la scène photographique locale. Le tempo est bien là. D'ailleurs, un peu plus loin, les membres de l'Association des jeunes photographes discutent avec animation en sous-sol, dans le studio Artbazis, au 25 de la rue Horánsky, ou rencontrent les débutants de l'école Moholy-Nagy - du nom du grand photographe de l'école du Bauhaus. Chacun veut trouver sa voie, imprimer sa marque, innover. Difficile, cependant, de s'affranchir des aînés. « Bien sûr que je suis influencé par Kertész ou Capa, admet ainsi Akos Stiller, un jeune photoreporter de la capitale. Sans même m'en rendre compte, d'ailleurs. J'ai vu leur travail depuis l'enfance. Et leurs photos sont si fortes. » Alors, autant partir en pèlerinage, dans le quartier juif, par exemple. Au 10 de la rue Városház, habitait avant-guerre la famille de Robert Capa. Les parents avaient une échoppe de tailleur, entre la grande synagogue et le Danube. À l'entrée du même quartier, la Galerie Nessim, au 10 de la rue Paulay-Ede, montre aujourd'hui le travail de photographes internationaux. Les musées ne sont pas en reste. Le Ludwig (ludwigmuseum.hu), qui propose une rétrospective de Martin Munkácsi (jusqu'au 9 janvier), ne désemplit pas. Parents, enfants : tout le monde s'imprègne des clichés révolutionnaires de l'artiste, resté essentiellement à Budapest. Si sa réputation a peu dépassé les frontières, il a pourtant été, avec les autres, un innovateur. « Ne faites jamais poser, laissez vos sujets évoluer librement », disait-il. Ses clichés de modèles, virevoltant sur une plage, alors que, à l'époque, le travail se faisait en studio, illustrent cette nouvelle percée. Nouvelle avancée artistique aussi à la Galerie G13, dans la rue Király : elle a décidé de mélanger peinture, sculpture et, bien sûr, photographie. L'oeuvre de Munkácsi en noir et blanc a ainsi été associée aux trompe-l'oeil de Vasarely.Ceux qui recherchent l'authentique pur iront à la Galerie Vintage (www.vintage.hu), sur la place Károlyikert. Le propriétaire, qui sera présent à Paris pour le mois de la photo, affiche jusqu'au 12 novembre le travail en noir et blanc d'un autre photographe du cru, Gabor Attalai. Autre lieu de recueillement, pour saisir l'éternité comme l'instant présent, la maison Mai Manó (maimano.hu) près de l'Opéra. L'édifice, qui accueille actuellement une rétrospective de Károly Escher, de la même génération que Kertész et Capa, a été déclaré monument national en 1996. C'est, avec le musée Ludwig, le centre nerveux de l'art photographique hongrois.Le chemin peut se poursuivre sur les traces des maîtres photographes. On monte à la citadelle, qu'ils ont tous rejointe pour embrasser du regard leur ville - et ensuite, pour certains, la quitter. Comme André Kertész - qui s'appelait encore Kertész Andor - a abandonné la Bourse, où il a commencé une carrière de courtier, vite délaissée. Pour le plus grand bien de la photographie.

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