L'éditorial d'Odile Esposito : Reprise sélective

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L'industrie américaine se redresse, et c'est tant mieux. Restructurée, assainie, elle repart à l'offensive. Et on ne peut que s'en réjouir, tant il apparaît important, pour l'équilibre des économies mondiales, que les États-Unis gardent une industrie forte et compétitive. Pour autant, les nombreux salariés français des groupes industriels américains auraient tort de sabler le champagne trop vite. Caterpillar, le géant du matériel de chantier qui s'était illustré l'an dernier en supprimant 20.000 emplois dans le monde, c'est-à-dire 17 % de son effectif total, a décidé de recommencer à investir et à embaucher. Il projette même de construire une nouvelle usine qui emploierait 250 personnes. Mais aux Etats-Unis, pas à Grenoble... Les municipalités américaines devraient rivaliser de subventions pour attirer cette nouvelle usine. Et Caterpillar mise sans doute sur les réductions fiscales promises par Barack Obama aux entreprises qui embauchent, dans le cadre de son plan national de lutte contre le chômage. Dans les prochains mois, le "made in America" risque donc de revenir en force. Est-ce à dire que les géants américains vont abandonner leurs investissements à l'étranger ? Certes, non. Mais ils vont les concentrer sur les zones en forte croissance. Et donc majoritairement sur les pays émergents, qui font saliver les industriels du monde entier.Après Molex l'an dernier, ou plus récemment Sullair, la filiale du conglomérat United Technologies qui veut fermer son usine de Montbrison, dans la Loire, les géants américains pourraient donc encore réserver de mauvaises surprises à leurs sites français. Christian Estrosi n'a pas fini de s'indigner !

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