L'Ukraine efface les traces de la Révolution Orange
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Nikolaï Azarov, un allié très loyal envers le président Viktor Ianoukovitch, a été installé in extremis à la tête du gouvernement ukrainien après un bricolage législatif permettant aux députés de trahir leur faction. 16 d'entre eux ont rejoint la nouvelle majorité parlementaire, donnant une majorité absolue à la coalition du nouveau président. En confiance, Viktor Ianoukovitch en a profité pour nommer des ministres presque exclusivement issus de l'administration Koutchma, son mentor, qui fut président de 1994 jusqu'à la « révolution orange » pro-occidentale de 2005. Nikolaï Azarov, ancien vice premier ministre réputé étatiste et peu enclin aux réformes aura la tâche cruciale de restaurer la confiance du FMI. Le Fonds a suspendu le versement de sa dernière tranche de crédit (3,5 milliards de dollars sur un total de 16,4 milliards) avant les élections. Devant le parlement, le nouveau premier ministre a indiqué qu'il établira un budget 2010 « réaliste » et respectera les consignes du FMI, jetant du coup un doute sur les promesses électorales très dépensières du candidat Ianoukovitch. Les augmentations de retraites et de salaires promises aux fonctionnaires risquent de rester dans les cartons alors que les coffres de l'Etat « sont à sec » (dixit Nikolaï Azarov) après que le pays ait connu une contraction de 15% de son PIB en 2009.Oligarques dans l'entourageAncien Premier Ministre et candidate malheureuse aux récentes présidentielles, Ioulia Timochenko a dénoncé un nouveau gouvernement selon elle « entièrement composé d'oligarques ». Le vice premier ministre Boris Kolesnikov est un proche de la première fortune du pays Rinat Akhmetov. Le ministre de l'énergie Iouri Boïko est associé avec le très controversé milliardaire Dmitro Firtach. Tout semble donc en place pour un retour aux schémas opaques de négoce du gaz entre Russie, Ukraine et Europe. Moscou pourrait être tenté de négocier des tarifs plus bas sur le gaz livré à l'Ukraine en l'échange d'un bail prolongé pour sa flotte militaire basée à Sébastopol, qui se trouve sur le territoire ukrainien.Standard & Poor's a accueilli la nouvelle avec optimisme en relevant hier d'un cran la note du crédit souverain à B-, estimant que le risque politique s'amenuisait et que la nouvelle coalition « permet une meilleure coordination politique et le redémarrage des relations avec le FMI ».
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