L'éditorial de Jean-Baptiste Jacquin

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Le moteur de recherche Google vient de faire savoir qu'il travaillait à l'élaboration d'un indicateur de mesure de prix aux États-Unis. Le GPI, pour Google Price Index, calculé à partir de millions de prix collectés et transactions constatées sur la Toile, pourrait être publié quotidiennement. De quoi jeter aux oubliettes les statistiques mensuelles que l'Insee ou son homologue américain publient avec plusieurs semaines de retard. Prudent, Google peaufine son outil avant de le rendre public. L'initiative est explosive car, en l'absence de vérité statistique absolue, on devine aisément que Google est en mesure de produire un chiffre pertinent sur l'inflation. Et partant, sur bien d'autres domaines. Le plus puissant moteur de recherche de l'Internet a accès dans le monde entier à des données instantanées, ou passées, sur les cours de Bourse, les résultats sportifs, les achats de chaussures ou même des humeurs émises sur des forums... Aucun service statistique public, ni privé, n'a accès à autant d'informations. Google disposerait aujourd'hui de plus d'un million de serveurs informatiques dans le monde. Et sa puissance de stockage et de calcul augmente sans cesse. Pour remplir sa « mission d'organiser l'information dans le monde et de la rendre universellement accessible et utile », Google a investi au premier semestre 1,7 milliard de dollars en recherche et développement sur de nouveaux services, issus de cette matière vivante et sans limite des « data ». C'est huit fois plus que le budget total de l'Insee et des centaines de fois plus que son budget de R&D. Par chance, Google a jusqu'ici fait un usage raisonnable de sa puissance. Mais n'est-il pas dangereux de s'en remettre à la chance ? jbjacquin@latribune.f

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