La filière nucléaire française face à une concurrence accrue

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Pendant que l'Etat français multiplie les atermoiements autour d'Areva qu'il détient à 91 %, le constructeur nucléaire hexagonal affronte une concurrence internationale toujours plus vive. Et perd du terrain. En décembre 2003, Areva faisait la course en tête en devenant le premier constructeur mondial à décrocher la commande d'un réacteur de troisième génération. Son EPR, conçu en partenariat avec Siemens, était alors acheté par l'électricien finlandais TVO. Sept ans plus tard, Areva a perdu son avance. Le groupe fait désormais jeu égal avec chacun des ses trois grands concurrents traditionnels. Seize réacteurs de troisième génération sont en construction sur la planète. Si Areva mène quatre chantiers (l'un à Flamanville, en France, un autre en Finlande, et deux à Taishan, en Chine), le russe Rosatom en construit également quatre. De même que Toshiba-Westinghouse et General Electric-Hitachi. Certes, Areva a bon espoir d'en décrocher quatre de plus à court terme : deux en Chine et deux en Inde. Mais ces deux pays ont décidé de tester la plupart des technologies et ont recours, pour l'heure, à tous les grands constructeurs.Pour s'emparer de ce futur gigantesque marché - les capacités nucléaires mondiales devraient augmenter de plus de 50 % d'ici à 2030, de nouveaux concurrents arrivent en provenance des marchés émergents. Un consortium coréen, mené par l'électricien Kepco, a spectaculairement coiffé sur le poteau toute l'industrie nucléaire mondiale l'hiver dernier pour décrocher la commande des tout premiers réacteurs acquis par un pays arabe, à Abu Dhabi. Un contrat de 20 milliards de dollars. La Corée dynamique« Les Coréens construisent un réacteur tous les deux ans, les Russes un par an et les Chinois un par mois. Voici les nouveaux grands acteurs du nucléaire mondial », déclarait cet été le PDG d'EDF Henri Proglio à « La Tribune ». D'ailleurs, il en tire les conclusions puisqu'il n'exclut pas de vendre en partenariat avec les Russes ou les Chinois leurs réacteurs à l'export.

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