Epsilon Composite diversifie les applications de la fibre de carbone

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La crise n'a pas épargné ­Epsilon Composite en 2009, ramenant son ­chiffre d'affaires à 13 millions d'euros dont 80 % à l'export (40 % en Asie) alors qu'il était de 17,5 millions d'euros en 2008. Mais Stéphane Lull, son PDG, compte dès 2010 remonter à 17 millions d'euros. Créée en 1987, cette entreprise implantée à Gaillan-en-Médoc (Gironde) a démocratisé la fibre de carbone grâce à la pultrusion, procédé de transformation de masse.Le BTP, gros consommateurElle transforme 300 tonnes de ­fibre carbone ? pour une capacité installée de 1.000 ­tonnes ? ce qui correspond à 3.500 km de produits. Elles deviennent pour une bonne partie des trépieds pour appareils photo ou caméras. Epsilon Composite détient 80 % de parts de marché sur cette niche au niveau mondial. Le BTP en est aussi consommateur, pour un tiers du chiffre ­d'affaires, sous forme de poutres et des renforts, dans des chantiers de restauration. ­L'entreprise a ­notamment remporté le contrat pour la fourniture de plats en carbone destinés à renforcer le pont Westgate à Melbourne (Australie) qui fait 6 km de long et supporte jusqu'à 160.000 véhicules par jour. Trente tonnes de matériaux carbone ont été livrées. La pose a débuté fin 2009 et s'achèvera en novembre 2010. Par ailleurs, en 2002, le département Epsilon Rollers a été créé pour fabriquer des rouleaux. Ceux-ci offrent une alternative aux solutions métalliques. Rigides même en grandes dimensions, légers, ne se dilatant quasiment pas, ne vibrant pas, supportant des environnements sévères, ils sont employés dans le guidage des films plastiques, servent à convoyer les écrans LCD ou plasma, à imprimer, à fabriquer des textiles non tissés, le tout à grande vitesse. Mais Stéphane Lull veut se positionner sur d'autres niches. Il s'intéresse aux pièces de structure dans le ferroviaire et l'automobile, étudie des solutions dans l'extraction pétrolière pour remplacer l'acier dans les flexibles et pense aux raidisseurs de pales des éoliennes. Et surtout, il est en train d'approcher le secteur de l'aéronautique et estime pouvoir livrer à Airbus des pièces finies vers 2012-2013. Pour cette première phase, les investissements sont évalués à 2 millions d'euros de recherche et développement et à 2,5 millions d'euros de matériel. Remporter des marchés dans cette filière lui permettra de retrouver du chiffre d'affaires sur le territoire français pour supprimer frais commerciaux et de transport, soit un gain de 10 %.

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