Rome veut taxer les touristes

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Avant même de pouvoir fouler les pavés de la place Saint-Pierre ou de s'approcher du Colisée, le « week end » à Rome risque dorénavant d'être plus salé. Le maire de la capitale italienne Gianni Alemanno, élu en 2008, vient en effet d'annoncer son intention d'imposer une « taxe de séjour » d'environ dix euros sur les chambres d'hôtel. Face à une situation budgétaire difficile et un endettement colossal qui atteint 9,6 milliards d'euros, l'édile romain estime qu'il n'a pas d'autres solutions. Car le collectif budgétaire de rigueur adopté fin mai par le gouvernement (droite) de Silvio Berlusconi n'a pas épargné la Ville éternelle dont l'équipe municipale appartient pourtant à la même majorité politique. Le ministre de l'Économie Giulio Tremonti a ainsi décrété que la subvention de 500 millions d'euros que l'État versait jusqu'ici à la mairie pour faire face à ses problèmes financiers serait amputée de 40 %. D'où l'idée de compenser la perte par l'introduction de cette « taxe hôtelière » frappant les quelques 9 millions de touristes qui prennent chaque année le chemin de Rome et qui pourrait rapporter 100 millions d'euros. « C'est une mesure qui sera adoptée en dernier recours » a finalement précisé, mercredi, le maire « on l'appliquera uniquement si nous sommes pris à la gorge ». Cette déclaration fait suite à la levée de boucliers du millier d'hôteliers de la capitale. « On ne peut pas couper dans les finances nationales en transférant le problème aux administrations locales qui ensuite pointent un pistolet sur la tempe des hôteliers », s'est insurgé le président d'une association catégorielle Bernabo Bocca qui craint qu'avec la taxe de séjour, Rome soit pénalisée par rapport aux grandes villes touristiques italiennes. Grogne des opérateursFace à la grogne des opérateurs du secteur, Silvio Berlusconi a lui aussi expliqué que rien n'était encore décidé et que « la mesure a été adoptée derrière (son) dos » sous-entendu par le ministre Tremonti. Reste qu'à des niveaux divers, le plan de rigueur de ce dernier prévoit de toucher toutes les administrations locales de la péninsule. Sur les 24,9 milliards d'euros d'économies prévues dans les deux prochaines années, près d'un quart devraient provenir de la réduction des transferts aux collectivités. Robert Lavéran, à Rome

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