Optimiser le coût de son parc automobile
La Tribune
La Tribune
Plus que jamais, les directions générales ou financières des entreprises examinent à la loupe toutes les sources d'économies possibles, y compris dans les frais généraux. Parmi ceux-ci, la flotte automobile, dont la gestion peut être très certainement optimisée. D'autant que la tendance est d'être de moins en moins propriétaire des véhicules utilisés et de privilégier la location à longue durée (1). « Les entreprises préfèrent utiliser leurs fonds propres pour les investissements productifs », rappelle Véronique Rocca, consultante de l'organisation internationale d'optimisation des coûts Expense Reduction Analysts (ERA) et spécialiste de la gestion des flottes automobiles.attention à la fiscalitéAvant toute chose cependant, il est nécessaire, si ce n'est déjà fait, de mettre en place en interne une véritable charte automobile (« Car Policy »). Ce document doit être régulièrement actualisé et refléter l'image que la société veut se donner à l'extérieur. La charte va notamment orienter les salariés vers des véhicules moins chers et dont la revente ne posera pas de difficulté. « Le premier enjeu consiste à établir une photographie de la nature des charges de l'entreprise et de mettre à plat les critères de choix qui lui sont importants », précise Véronique Rocca. Auprès des prestataires, l'entreprise ne doit pas hésiter devant la moindre économie à réaliser. Elle a donc tout intérêt à faire appel à un spécialiste qui va lui analyser tous les paramètres nécessaires à la prise de décision, et notamment la durée d'amortissement, bien sûr, ainsi que les coûts d'entretien du véhicule et la couverture d'assurance. Pour chacun de ces postes, il faudra évidemment mettre en concurrence les fournisseurs.Et il ne faudra pas oublier les aspects fiscaux, essentiels. « La fiscalité pèse lourdement dans le choix des véhicules », affirme la consultante d'ERA. Par exemple, la TVA est récupérable sur les véhicules utilitaires alors qu'elle ne l'est pas pour les véhicules de tourisme. Au-delà du montant de 18.300 euros à l'achat, la charge de l'amortissement ne devient plus déductible. Pour les véhicules les plus polluants, ce plafond a été ramené à 9.900 euros. Depuis le 1er janvier 2006, la taxe sur les véhicules de société (TVS) n'est plus calculée à partir des chevaux fiscaux, mais de la quantité de CO2 dégagée au kilomètre. Sans oublier le malus imposé aux véhicules polluants. « Tous ces critères sont à prendre en compte dans le coût complet. Un gramme de CO2 en plus peut avoir des conséquences importantes sur le coût d'un véhicule », insiste la consultante.repositionner son loueurLes sommes en jeu sont donc loin d'être négligeables. Récemment, un laboratoire pharmaceutique international, locataire d'une cinquantaine de véhicules conduits par ses commerciaux, a voulu repositionner son loueur par rapport au marché actuel. Après appel d'offres, deux nouveaux loueurs se sont positionnés. L'un d'entre eux a été retenu. Sans même avoir auparavant revu sa charte automobile, le laboratoire pharmaceutique a réussi à obtenir une économie de 10-11 %, soit un montant de 120.000 euros sur une période d'une trentaine de mois. Le labo aurait peut-être pu faire mieux : « Dans certains cas, une revue complète de la charte automobile de l'entreprise (« Car Policy ») permet de dégager jusqu'à 20 % d'économies », estime Véronique Rocca. frédéric hasting
La Tribune