Pourquoi Twitter fait tourner la tête des investisseurs
La Tribune
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InternetUn parfum de dotcom : c'est ce que hume Robert Enderle, analyste de la Silicon Valley, lorsqu'il évoque la valorisation du site qui fait gazouiller la planète et compte aujourd'hui plus de 50 millions d'inscrits. « Nous retombons dans le scénario de l'ère dotcom, où les investisseurs ont tellement peur de louper l'opportunité du moment qu'ils sont prêts à oublier des questions fondamentales, comme la capacité de Twitter à générer des revenus », estime-t-il. Selon lui, la valeur accolée à Twitter est basée sur des perceptions et non des faits. « Lorsque Google s'est offert YouTube pour 1,65 milliard de dollars, il savait qu'il n'était pas près de récupérer son argent (d'autant plus que les serveurs de YouTube sont coûteux à maintenir). Mais, pour Google, qui a les moyens de raisonner comme cela, le site d'hébergement de vidéos avait un potentiel énorme et donc cette acquisition a été perçue comme un succès. »Pour Robert Moore, le fondateur de RJ Metrics, qui vient de publier sur TechCrunch une étude détaillée sur les utilisateurs de Twitter, l'atout de la start-up vient de son audience droguée aux tweets (ces messages de moins de 140 caractères qui sont le langage de Twitter). Or, à première lecture, les chiffres peuvent paraître inquiétants : 75 % des utilisateurs de Twitter ont twitté moins de 10 fois et 38 % n'ont jamais envoyé le moindre tweet. En revanche, une fois qu'une personne passe le cap du premier tweet, elle twittera à nouveau dans 65 % des cas. Au bout de deux tweets, 81 % des gens twitteront encore.« Twitter est devenu un outil indispensable pour tout une communauté d'utilisateurs et c'est pour cela que la société vaut de l'or », assure Robert Moore. Selon lui, Twitter devrait donc prendre le risque de faire payer ses utilisateurs les plus fidèles, dont certains sont des entreprises qui utilisent le site pour communiquer avec leurs clients. « Twitter ferait bien de s'inspirer de LinkedIn, le réseau professionnel, qui a réussi à mettre en place des abonnements premiums pour les utilisateurs (recruteurs en tête) qui s'en servent comme un outil de travail » avance-t-il.Et lorsqu'on demande à Anant Sundaram, professeur de finance au Dartmouth College, prestigieux MBA de la côte Est, d'expliquer le raisonnement des investisseurs qui valorisent Twitter à 1 milliard de dollars, il vous démontre en quelques secondes qu'il est facile d'arriver à un tel chiffre, à condition de projeter d'ici quatre ans des revenus aussi élevés pour la start-up que ceux collectés aujourd'hui par Google. Et de faire le pari que Twitter parvienne à recenser 250 millions d'utilisateurs et à générer 2 dollars de revenus par utilisateur. « Or, pour 1.000 entreprises, il y a un Google. Twitter relèvera-t-elle le défi ? Impossible de l'affirmer aujourd'hui. Une chose est sûre : la start-up devra s'assurer qu'aucun autre site ne viendra marcher sur ses plates-bandes », constate-t-il. Et de citer le cas de myspace, détrônée en un rien de temps par Facebook. En attendant, Twitter s'attache à gagner de l'argent. All Things Digital, le blog du « Wall Street Journal », révèle que le site de microblogging serait en train de négocier la publication de ses flux sur les moteurs de recherche de Microsoft et Google.
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