Le déficit de l'Otan s'élève à plus d'un milliard d'euros

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Les finances de l'Otan vont mal, très mal. Selon le chef d'État-major des armées (Cema), l'amiral Édouard Guillaud, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord « accuse actuellement un déficit d'un peu plus d'un milliard d'euros ». Il a quasiment doublé en un an (environ 550 millions en 2009) en raison, entre autre, du coût de plus en plus lourd de l'Afghanistan. Ainsi, le surcoût moyen total annuel d'un soldat français en Afghanistan s'élève à 103.200 euros, contre 61.700 euros pour un soldat envoyé en Côte d'Ivoire.Mais le pire semble à venir si l'on se réfère aux propos inquiétants de l'amiral Guillot tenus lors d'une audition à l'Assemblée nationale. « Des engagements sont annoncés pour l'équivalent de dix années de budget », a-t-il expliqué. Soit environ 10 milliards d'euros alors que seulement 3 milliards sont autorisés sur cette période. Au total, le budget de l'Otan s'élève à environ 2 milliards d'euros par an, la France y contribuant pour 220 millions selon sa clé de répartition de 11,62 %. « De plus, la mutualisation de certains coûts peut conduire à une déresponsabilisation, a fait observer le Cema. Certains projets peuvent, dans leur état actuel, paraître extrêmement ambitieux, comme la défense antimissile balistique. On essaie de faire en sorte qu'ils soient raisonnables, c'est-à-dire accessibles sur le plan technologique et budgétaire et acceptables diplomatiquement ». Bref le creusement du déficit risque d'interpeller les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays membres de l'Otan réunis ce jeudi à Bruxelles.Diminution du personnelImpulsée par la France et la Grande-Bretagne, « la réforme de l'Alliance progresse ». « C'est notamment le cas s'agissant de ses structures de commandement, dont les effectifs devraient en théorie passer de 12.000 à 8.500 personnels à l'horizon 2010-2013 », a-t-il précisé. Cette diminution doit être confirmée au prochain sommet de Lisbonne en novembre. En outre la France, les États-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni s'efforcent « de diminuer le poids des agences de l'Otan », selon l'amiral Guillaud. «La France attend des économies précises en personnel» souligne-t-il.Michel Cabirol

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