Le Trésor se réforme pour retrouver son lustre

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C'est l'achèvement d'un chantier voulu par Nicolas Sarkozy qui avait bousculé les hauts fonctionnaires des Finances en 2004, en imposant la fusion de trois grandes directions de Bercy : le Trésor, la Prévision et les Relations économiques extérieures. La Direction générale du Trésor et des politiques économiques (DGTPE) était née. Mais la mayonnaise avait eu du mal à prendre entre les différents métiers concernés, tandis que le maintien des trois directeurs des anciennes structures avait nui à la transversalité des compétences et des métiers. Avec son nom à coucher dehors et imprononçable, la DGTPE tendait à perdre en visibilité et en influence.Pour changer les états d'esprit, le nouveau directeur, Ramon Fernandez, qui a succédé en mars 2009 à Xavier Musca (devenu secrétaire général adjoint de l'Elysée), a décidé de prendre le taureau par les cornes. La structure de tête horizontale est devenue un tandem vertical, avec la nomination d'un directeur général adjoint. Ramon Fernandez a aussi lancé avec le cabinet Capgemini le projet DGTPE 2010 pour faire « mieux travailler ensemble » les 1.600 agents, dont la moitié relève du réseau international (l'ex-Dree, amputée de 1.000 personnes parties chez Ubifrance).managementUn secrétaire général, Julien Rencki, est chargé d'instiller les rudiments du management dans une écurie peu rompue aux délices de la gestion des carrières. Les fonctionnaires ont formulé une centaine de propositions, destinées à améliorer le fonctionnement au quotidien d'une machinerie administrative de plus en plus sollicitée par le ministre. Entre la crise, l'explosion de la dette, le grand emprunt, l'État actionnaire, le soutien des entreprises françaises à l'international, la réglementation financière, l'Europe post-Lisbonne, les G20, la DGTPE doit rassembler ses forces.Au cours d'un séminaire interne, Ramon Fernandez a dévoilé hier les conclusions de ce processus. Première décision, la plus symbolique, la DGTPE va reprendre l'appellation « Direction générale du Trésor » pour réaffirmer son identité de « French Treasury ». Le directeur général adjoint, Benoît C?uré, prendra le titre de « chef économiste ». Plusieurs chartes internes, concernant la gestion du temps, les relations avec le cabinet du ministre (commande et formatage des « notes ») visent à améliorer les conditions de travail. Ramon Fernandez cible enfin un objectif de 25 % de femmes dans l'encadrement supérieur à l'horizon 2012. Le Trésor a toujours joué un rôle central dans la vie économique. Quand Jean-Claude Trichet le dirigeait sous Pierre Bérégovoy, il n'hésitait pas à convoquer les journalistes pour défendre lui-même la politique du franc fort. C'était avant le désastre du Crédit Lyonnais, qui a mis à terre l'arrogance des anciens barons de Bercy. Quinze ans ont passé et le temps est peut-être venu pour un Trésor transformé en véritable cabinet-conseil du ministre des Finances de rayonner à nouveau. C'est en tout cas l'ambition de Ramon Fernandez à travers cette réforme, avec un nouveau logo, un rendez-vous annuel (en juin) pour communiquer sur la politique économique, bref, une stratégie de « marque » pour une politique d'influence plus efficace.

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