Après un bon début d'année, l'assurance-vie s'essouffle

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La bonne tenue de l\'assurance vie en décembre et au début de l\'année annonçait-elle un retournement de tendance au profit de ce placement préféré des Français, malmené en 2012 ? Les premières données concernant le mois de mars tendent à montrer que ce n\'est sans doute pas le cas. Les bancassureurs (Cardif, Predica, Crédit Mutuel, CNP, Barclays, HSBC...), qui représentent 62% du marché, peuvent certes afficher une collecte en hausse de 5% (par rapport à mars 2012). Mais c\'est bien peu, en regard de leurs performances du début d\'année (+24% en janvier). Des performances qui contrastaient avec celles des assureurs, devant faire face à une chute des primes encaissées (-15%) sur les deux premiers mois de l\'année. Au total, la collecte des assureurs vie avait augmenté de 7% au cours des deux premiers mois de l\'année. Ce qui leur avait permis d\'afficher une collecte nette de 6,1 milliards, pour janvier et février. Une évolution tranchant avec celle de l\'année 2012, marquée par une décollecte nette (-3,4 milliards), les retraits étant donc supérieurs aux sommes versées par les épargnants sur leurs contrats.Les « bancassureurs » ont tiré le marchéQu\'en a-t-il été, en mars, pour cette collecte nette ? S\'agissant des bancassureurs, qui tirent donc le marché, elle a été de cinq milliards sur les trois premiers mois de l\'année. Soit un chiffre inférieur à celui des seuls deux premiers mois pour l\'ensemble de profession. Compte tenu de l\'affaiblissement des assureurs en début d\'année, et à moins d\'un improbable reboind, la probabilité est donc grande que les assureurs vie, tous confondus, doivent bientôt afficher une collecte négative pour le mois de mars, après trois mois positifs.Une normalisation ?Cet essoufflement ressemble à une normalisation, après un début d\'année marqué par des facteurs exceptionnels. Le principal moteur de l\'assurance-vie, qui a fait le succès des bancassureurs , a été la modification de la fiscalité concernant les actions. Le prélèvement forfaitaire libératoire a disparu le premier janvier, les plus-values sont désormais intégrées dans le revenu imposable, tout comme les dividendes, et donc soumises au barème de l\'impôt sur le revenu (jusqu\'à 62% d\'imposition globale, avec les prélèvements sociaux). Aussi les banquiers ont-ils conseillé à leurs clients de transférer leurs comptes titres sur une assurance-vie, qui reste beaucoup moins taxée (7,5% plus les prélèvements sociaux, soit un total de 22,5%).D\'où cet afflux de primes en début d\'année, mais qui s\'amenuise de mois en mois: tous les épargnants auront bientôt fini par ajuster leur stratégie, et leurs transferts vers l\'assurance vie . Les fondamentaux reprendront le dessus. A savoir, des rendements de l\'assurance vie de plus en plus faibles, qui tendent à se rapprocher, nets d\'impôts, de ceux du livret A, dont le plafond a été relevé de 25% au premier janvier, à 22.950 euros. 

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