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Émergents : le plus dur est à venir

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Publié le 14 avril 2011 à 19:25 - Mis à jour le 14 avril 2011 à 19:25

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Lors de la troisième rencontre des pays des Bric à Sanya (Chine) jeudi, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine avaient convié l'Afrique du Sud à rejoindre leur club, afin que le continent africain soit représenté. Cette volonté d'inclure tout ce qui n'est pas occidental n'est pas sans rappeler les sommets des non-alignés d'autrefois, du moins sur le plan diplomatique. Le communiqué final insiste, d'ailleurs, sur leur condamnation des bombardements en Libye, menés à l'initiative de la France et de la Grande-Bretagne, car ils sortent, selon eux, du cadre de la résolution de l'ONU. Mais cette volonté d'exercer une plus grande influence sur la marche du monde se retrouve surtout en matière économique et financière. Les pays émergents ont montré à la faveur de la crise financière liée aux subprimes une exceptionnelle résilience avec des taux de croissance compris entre 5 % et 10 %. Cette bonne santé se reflète dans leurs échanges commerciaux qui se sont intensifiés depuis : la Chine exporte en valeur autant vers l'Inde qu'elle importe du Brésil (minerai de fer, soja, acier, viande...), un montant qui dans les deux cas a été multiplié par dix en moins de dix ans. Illustration de ce dynamisme, la Chine est devenue en 2010 le premier client du Brésil et de l'Afrique du Sud, détrônant dans les deux cas les États-Unis. De même, la Chine est devenue le premier client de la Russie, damant le pion à l'Allemagne. Quant à l'Inde, c'est surtout ses services de sous-traitance, notamment informatiques, qu'elle vend à l'international, notamment dans l'ensemble de l'Amérique du Sud.La constitution d'un tel pôle Sud a-t-il pour ambition de s'imposer face au Nord ? On peut le penser tant il y a des intérêts communs. Ces pays, et l'ensemble des émergents en général, connaissent ces dernières années un développement industriel et urbain en accéléré inédit dans l'histoire humaine. Aussi toutes les initiatives visant à entraver un tel développement sont-elles rejetées. L'exemple plus éclatant a été l'échec du sommet climatique à Copenhague fin 2009, où Inde et Chine ont fait front commun contre les objectifs de réduction des émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils ont opposé une fin de non-recevoir, rappelant, non sans raison, qu'une bonne part du problème venait du développement industriel qu'avait connu auparavant l'Occident. Corollaire de cette révolution industrielle émergente, l'ensemble de ces pays consomment de plus en plus en plus de matières premières, Chine en tête : pétrole, charbon, gaz naturel pour ses déplacements et son électricité, minéraux et métaux et fibres pour les infrastructures, l'industrie et la manufacture, et agricoles pour sa consommation. Or une large part de ces ressources naturelles se trouvent dans des pays émergents. Nombre de compagnies d'extraction chinoises, indiennes et brésiliennes y sont présentes, en particulier sur le continent africain, dont le sous-sol est riche en minéraux, en hydrocarbures et qui est un des rares continents où peuvent encore être mises en valeur des terres arables.C'est d'ailleurs cette demande de matières premières qui favorise l'appréciation à des niveaux historiques de leurs prix sur les marchés internationaux. C'est un sujet de préoccupation des autorités non seulement dans les émergents mais aussi dans les économies développées. Si, pour ces derniers, cela menace la reprise de la croissance, pour les premiers cela peut entraîner des troubles sociaux. C'est d'ailleurs cette cherté de la vie quotidienne qui a été à la source du « printemps arabe ». Près de 3 milliards d'individus dans les Bric voient leur pouvoir d'achat amputé dramatiquement par cette hausse des produits alimentaires. Leurs dépenses représentent en effet près de 20 % de leurs revenus contre 6 % aux États-Unis. Et cela se répercute sur l'inflation générale : + 5 % en Chine, + 9,4 % en Russie, + 8,8 % en Inde et + 6 % au Brésil.À cette hausse des prix vont s'ajouter l'augmentation des salaires. Les autorités chinoises ont imposé une hausse d'au moins de 20 % en moyenne en 2010 et il devrait en être de même en 2011. Mais ces augmentations peuvent aller jusqu'à 100 % selon les secteurs et les pays des émergents. Pour calmer le jeu, les banques centrales recourent à des politiques monétaires restrictives en opérant des hausses de taux de plus en plus fréquemment, signant la faiblesse des Bric à trouver une solution commune. « Last but not least », un problème divise les Bric, plus précisément la Chine et les autres : la faiblesse du yuan entretenue par Pékin. Sur ce point, le communiqué final de Sanya ne dit rien.L'analyse

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