Moscou tourne son attention vers l'Inde et la Chine
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Le Kremlin ne veut plus entendre les économistes dire que la Russie est le canard boiteux du club des Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine).L'économie russe s'est certes effondrée de 8 % en 2009, mais elle reprend confiance alors que la banque d'investissement Renaissance Capital prévoit une croissance de 8,3 % cette année. Moscou apparaît résolu à mener de profondes réformes pour ne plus dépendre uniquement des exportations de matières premières comme ce fut le cas ces quinze dernières années.À l'heure actuelle, le premier partenaire économique de la Russie est de très loin l'Europe, et cette dépendance écrasante ne sied pas à Moscou. L'Europe représente 80 % des exportations de gaz russe et à peu près autant pour les exportations de pétrole. Les autres ventes de produits russes, essentiellement des métaux (nickel, aluminium, acier) sont principalement orientées vers l'Europe. Résultat, l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas se classent en tête des clients de Moscou, la Chine n'arrivant qu'en 7e position. En revanche, la Chine s'est rapidement hissée au 2e rang des fournisseurs de la Russie et talonne déjà l'Allemagne.Moscou ne ménage pas ses efforts pour modifier cette structure. La Russie construit un long et coûteux oléoduc à travers la Sibérie pour fournir 80 millions de tonnes de brut par an à la Chine. Deux gazoducs sont également prévus mais les deux pays ne parviennent pas à s'entendre sur les tarifs du gaz. Groupes pétroliers russes et indiens explorent ensemble des projets en Sibérie et à Sakhaline. Les groupes miniers (Evraz et Rusal) considèrent la Chine comme leur principal objectif stratégique. En dehors des matières premières, les échanges s'intensifient rapidement. Moscou exporte ses centrales en Inde et en Chine, deux pays qui sont également ses principaux acheteurs d'armes. Une chose est certaine, les échanges de la Russie avec la Chine et l'Inde croissent à un rythme beaucoup plus soutenu qu'avec les pays européens.Emmanuel Grynszpan, à Moscou
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