La réalité du PIB en question

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Avant même d'entrer dans les finesses de la mesure du bien-être, de nombreux doutes émergent à la faveur de ce rapport sur la réalité de l'évolution de la production intérieure brute, cette somme des valeurs ajoutées dégagées au cours d'une période donnée, alpha et omega de nos politiques économiques. Le PIB a-t-il été surévalué ? Il présente un certain nombre de destructions de richesses (pollution...) comme un enrichissement. Ces dommages doivent être réparés, ce qui n'est pas pris en compte dans son calcul.Cela est certain, et connu depuis près de quarante ans : le PIB agrège des flux de création de richesse, sans s'intéresser à l'inventaire et à la conservation d'un patrimoine , et surtout pas d'un patrimoine « gratuit » (la terre...) car mis à disposition par la nature.modèle à bout de souffleMême l'évaluation de ces flux pose de sérieuses questions : la mesure du PIB a-t-elle été grandement surévaluée ces dernières années par l'explosion du prix des actifs, qui a gonflé outrageusement les profits, et partant la valeur ajoutée produite par les établissements financiers ? C'est ce qu'affirme le président de la commission, Joseph Stiglitz. Ou encore, a-t-elle surévalué l'amélioration de la qualité de certains produits, et plus encore de certains services dont la complexité est difficile à appréhender, conduisant ainsi à minimiser l'évolution des prix et à maximiser la croissance économique en volume ? Autant de questions qui font dire à certains que cela fait des années que nos économies sont en récession, mais en récession masquée par des artifices statistiques. Si, a contrario, la valeur ajoutée des services publics a été sous-estimée, en particulier celle des services collectifs ou des services sociaux, l'erreur d'appréciation semble de moindre effet sur l'évolution du PIB. Au total, c'est donc bien une surestimation de la croissance qui apparaît aujourd'hui. Et au-delà des questions techniques, l'épuisement d'un modèle de croissance à bout de souffle malgré la faiblesse des taux et le dopage constant de l'activité. V. S.

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