L'urbanisation rapide de l'Afrique de l'Est pérennise son décollage économique

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Le continent africain affiche depuis le début du siècle des performances économiques (près de 5 % de croissance l'an) qui tranchent singulièrement avec la décennie précédente souvent qualifié de « perdue ». Avec un PIB de 1.600 milliards de dollars, l'Afrique fait désormais jeu égal avec le Brésil ou la Russie, suscitant un regain d'intérêt des entreprises pour cette région du monde. Simple feu de paille lié au boom des matières premières ou amorce d'un véritable décollage économique ? Pour McKinsey Global Institute, la réponse ne fait guère de doute. Dans un rapport intitulé « L'heure des Lions », le cabinet de conseil estime que l'Afrique est bien « à l'aube d'une croissance pérenne  ». Tout d'abord, elle va continuer de bénéficier de la hausse de la demande mondiale de pétrole, de gaz naturel et de minerais dont son sous-sol est richement doté. Mais la formidable hausse des cours des matières premières des dix dernières années, interrompue temporairement par la crise des subprimes, n'explique pas tout. Elle ne serait responsable que d'un quart de la croissance de la décennie. Apparition de classe moyenne « Les dynamiques à l'oeuvre sont tout à fait comparables à ce qui a pu se passer en Chine ou en Inde », explique Amine Tazi-Riffi, l'un des auteurs du rapport. Les principales sont l'urbanisation et l'apparition de classe moyenne disposant d'un pouvoir d'achat suffisant pour s'offrir des biens de consommation et des services qui ne répondent pas à des besoins essentiels. L'Afrique s'urbanise rapidement : 40 % de ses habitants sont aujourd'hui citadins contre 28 % seulement en 1980. Une proportion proche de la Chine et déjà supérieure à l'Inde qui devrait s'accroître encore à l'avenir. Or, l'exode rural, en Afrique comme en Chine, ou en France dans les années 1950, s'accompagne d'une hausse très sensible des revenus. En 2008, 85 millions de ménages africains gagnaient plus de 5.000 dollars par an, seuil au-delà duquel ils commencent à consacrer plus de la moitié de leurs revenus à d'autres postes de dépenses que la nourriture. Leur nombre devrait encore progresser de 50 % au cours des dix prochaines années pour atteindre 128 millions de personnes. Résultat, le pouvoir d'achat cumulé des 18 premières villes du continent pourrait atteindre 1.300 milliards de dollars. Les cinq principaux bassins de consommation en 2020 (Alexandrie, Le Caire, Le Cap, Johannesburg et Lagos) pèseront plus de 25 milliards de dollars chacun et pourront alors se comparer avec Bombay ou New Dehli.

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