France Télécom  : le rapport révèle un malaise profond

 |   |  700  mots
Le diagnostic se confirme : France Télécome;lécom a mal à son corps social. Le cabinet d'audit Technologia a remis ce lundi les résultats de son enquête sur le stress et les conditions de travail chez l'opérateur, sur la base des 80.000 réponses au questionnaire adressé à la mi-octobre aux 102.843 salariés français, après la vague de suicides qui a endeuillé l'été. Ce rapport présenté à la direction, aux syndicats et à la médecine du travail, réunis au sein d'un comité de pilotage paritaire, révèle un malaise généralisé au sein de l'entreprise, particulièrement profond chez les non-cadres. « C'est un constat sans concession mais sans grande surprise », commente-t-on sobrement au siège. Un peu plus de 160 questions étaient posées aux salariés sur leur charge de travail, leur autonomie, la reconnaissance dont ils estiment bénéficier et le « sens » du travail, les contraintes professionnelles et la mobilité, le temps et le rythme de travail, l'ambiance et la pénibilité, les relations managériales, etc.Outre le fort besoin de s'exprimer manifesté par les salariés, les résultats de l'audit dressent un bilan peu flatteur pour l'entreprise. Derrière la « crise sociale », dont parle lui-même le futur PDG de l'opérateur et responsable des opérations en France, Stéphane Richard, se dessine une crise identitaire. Les réponses à la question sur la fierté d'appartenir au groupe France Télécome;lécom sont en effet édifiantes : les salariés sont 96 % à dire qu'ils l'étaient « auparavant » mais ils ne sont plus que 39 % à l'être aujourd'hui (52 % des cadres, 34 % de la maîtrise et 25 % des non-cadres). Au siège de l'opérateur, place d'Alleray, on essaie de nuancer cette défiance, en soulignant que la question a été posée cet automne, après la tempête médiatique de l'été, sans comparaison possible avec un sondage antérieur.« personnes à risques »Quant à l'activité au quotidien, 65 % des salariés déclarent que leurs conditions de travail se sont dégradées ces dernières années, toutes catégories confondues, même si les non-cadres le ressentent plus vivement (75 %, contre 55 % des cadres) et les fonctionnaires plus que les autres (72 %). Et 55 % sont « pas du tout ou plutôt pas satisfaits » de leur situation professionnelle. Concernant le stress proprement dit, les réponses sont moins marquées, même si le sentiment est général : 40 % se sont sentis « souvent très fatigués ou stressés » par leur travail au cours des douze derniers mois, la proportion grimpant à 46 % chez les non-cadres. Ils sont quasiment aussi nombreux (39 %) à déclarer que leur santé s'est détériorée en raison de leur activité (49 % des non-cadres).Le rapport évalue d'ailleurs à un quart des salariés le nombre de « personnes à risques ». Il pointe les conditions de travail difficiles dans certains métiers plus exposés comme ceux de la vente (distribution, service clients par téléphone) et des interventions auprès des clients. Il souligne aussi les problèmes de « désajustement professionnel », dus à une « mobilité fonctionnelle très mal accompagnée » et à la mobilité géographique mal vécue chez les non-cadres. Il relève enfin des relations sociales dégradées, une ambiance de travail « tendue voire violente » et un « conflit de valeur » ressenti au travail.Les syndicats ont déploré l'absence à la présentation de Technologia lundi du PDG, Didier Lombard, et de Stéphane Richard, qui a pourtant récemment exprimé sa volonté de « nouer un nouveau dialogue avec eux ». La direction et les syndicats doivent se rencontrer mercredi pour débattre de ce rapport et des pistes d'actions. « Ce rapport était une première étape, nécessaire, de libération de la parole. Nous devons redéfinir des règles de vie commune et écrire un nouveau contrat social », explique une porte-parole, qui observe que « huit réunions de négociation ont fait avancer les choses. France Télécome;lécom de demain est en route ». n« Ce rapport était une première étape, de libération de la parole. Nous devons redéfinir des règles de vie commune et écrire un nouveau contrat social »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :