Le développement économique au c ? ur du Grand Paris

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oint de vue pierre Simon Président de la CCIPLes débats autour du premier projet de loi sur le Grand Paris ont permis de rappeler la nécessité de renforcer la solidarité et la cohésion sociale en Île-de-France, de développer une métropole durable adaptée au XXIe siècle et à l'après-Kyoto, ou encore de recomposer un équilibre territorial au sein de l'agglomération parisienne. Il est clair cependant que le Grand Paris ne pourra marquer des points sur tous ces fronts qu'à deux conditions.D'abord, l'État et l'ensemble des acteurs publics de la métropole doivent s'unir autour de plans d'actions définis de concert. Trouver une organisation territoriale adaptée à la complexité et à la taille d'une métropole telle que Paris, tout en s'inscrivant dans le cadre général des collectivités territoriales, s'avère complexe. Il faut d'autant plus s'attacher à ce que la place et le rôle de chaque acteur soient clairement définis pour éviter des tensions contre-productives.Ensuite, l'économie de l'Île-de-France doit, tout en se relevant de la crise très sévère qu'elle traverse aujourd'hui, se donner l'ambition d'une croissance plus vigoureuse encore que celle d'avant-crise. C'est évidemment indispensable pour nos entreprises et nos emplois. Tout le mérite des initiatives lancées par le président de la République sur le Grand Paris a été de replacer la problématique du développement économique au c?ur des débats. Très justement, le secrétaire d'État chargé du développement de la région capitale, Christian Blanc, a souligné combien « sans croissance il n'y aura pas d'expansion et de cohésion sociale, mais seulement une impuissance partagée ». L'ambitieux système de transport qu'il a imaginé a le grand intérêt de s'appuyer sur la vision dynamique de neuf pôles économiques majeurs reliés entre eux et aux grands « hubs » internationaux.Mais ces deux conditions ne sont pas elles-mêmes étrangères l'une à l'autre. L'expérience des autres grandes villes mondiales montre que des relations étroites entre acteurs publics et privés facilitent l'élaboration de stratégies convergentes de développement et la mise en ?uvre de politiques publiques efficaces. Elles prennent des formes différentes selon les cultures nationales, mais se vérifient aussi bien à New York, à Tokyo ou à Londres.Chez nos voisins d'outre-Manche, la présidence et la majorité des sièges de l'agence publique chargée de définir la stratégie économique de Londres, la London Development Agency, sont par exemple confiés à des chefs d'entreprise. Même si la tradition britannique favorise un modèle de collaboration entre le monde politique et économique éloigné du nôtre, rien n'interdit de nous en inspirer en adaptant ses bonnes pratiques à notre contexte national. Commençons par donner une vraie place aux acteurs économiques dans les établissements publics d'aménagement et profitons aussi de la loi relative au Grand Paris pour recueillir au moins l'avis du monde économique sur les contrats de développement territoriaux, et pour donner voix aux représentants des entreprises dans la future Société du Grand Paris.En raison de son foisonnement et de sa variété, le monde économique du Grand Paris comporte de multiples organisations, représentatives d'entreprises de tailles et de secteurs d'activités différents. Formant en quelque sorte un réseau de ces réseaux, et opérant déjà à l'échelle de Paris et des trois départements de la première couronne, la chambre de commerce et d'industrie de Paris est à l'articulation des intérêts communs des entreprises du Grand Paris. Établissement public, elle est en même temps un partenaire naturel des acteurs publics nationaux et territoriaux et joue tout son rôle dans la gouvernance économique métropolitaine.C'est dans cet esprit que j'ai accepté de présider le comité des partenaires de Paris Métropole, pour faire participer les entreprises au dialogue nécessaire avec les collectivités territoriales. De même, parce que nous croyons à la dynamique de projet sur les pôles économiques identifiés par le secrétariat d'État à la Région capitale, nous allons y installer et animer des clubs de chefs d'entreprise, attachés au territoire et porteurs des spécialisations économiques d'avenir. Le monde économique veut s'investir davantage dans la gouvernance économique métropolitaine. Pour sa part, notre chambre de commerce serait d'autant mieux amenée à jouer son rôle si, comme elle le souhaite, les prochaines réformes de l'organisation territoriale et du monde consulaire prenaient en compte les spécificités des grandes métropoles, et de la région capitale en particulier.

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