Le vol des canards boiteux

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Le premier vol d'un nouvel avion reste un événement rare dans le monde de l'aéronautique. Alors deux en moins d'une semaine, c'est un petit événement. Surtout quand il concerne les deux éternels rivaux, l'européen Airbus et l'américain Boeing. Symbole supplémentaire, chacun de ces vols est porteur d'un enjeu stratégique crucial pour son auteur. En faisant voler son avion de transport militaire A400M, la grande filiale du groupe européen EADS souligne son ambition de se développer dans le secteur militaire et ne plus dépendre des seules ventes d'Airbus. Son concurrent Boeing dont le nouveau-né, le B787 Dreamliner, littéralement avion de rêve, doit prendre les airs pour la première fois aujourd'hui, mise sur ce nouveau produit pour reprendre son leadership dans les avions civils. Cela nous promet de bien belles images ? même si l'appareil est moins élancé que sur les plans initiaux. Et sur la foi de cet envol, les observateurs pourront en tirer l'impression que malgré tous ces retards, le Dreamliner ne s'est pas transformé en cauchemar. Tout comme ils ont pu penser que l'A400M au programme cahotique est enfin sorti de ses déboires. Impression trompeuse. Faire voler un avion est un défi, réussir un programme aéronautique est une épreuve. Qu'on se souvienne de l'A380, ce premier vol majestueux du plus grand avion de ligne jamais construit par l'homme. Un succès indéniable? à quelques centimètres de câbles près, fruit gâté du manque de coordination entre Français et Allemands. Ce chaînon manquant allait venir transformer l'industrialisation de l'Airbus géant en véritable parcours d'obstacles. Il faudra encore attendre de longs mois avant de savoir qui d'Airbus ou de Boeing a transformé ces premiers vols en succès décisifs.oprovost@latribune.fr OLIVIER PROVOST

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