Le match du couple euro-dollar ne fait que commencer

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Depuis que « l'europhorie » de début d'année a pris fin, il y a maintenant quinze jours, le couple euro-dollar se cherche. Parti de 1,2875 dollar, la monnaie unique avait culminé à 1,3830 le 1er février et, depuis, la paire oscille sans direction franche entre 1,3450 et 1,37. Mais les marchés ayant horreur de l'immobilisme, il faudra bien que l'une ou l'autre monnaie ressorte par le haut de cette étroite marge de fluctuations. Or, pour l'instant, les acteurs du marché des changes n'ont pas défini la philosophie à adopter, évaluant étape par étape les atouts et les handicaps de l'une comme de l'autre pour tenter de les départager.Parmi les déterminants des taux de change, il y a d'abord la croissance. Avec une progression décevante de son PIB de 0,3 % au quatrième trimestre, soit 2 % en rythme annualisé, la zone euro est en retrait par rapport aux 2,8 % affichés par les États-Unis. Mais les deux zones jouent encore à peu près dans la même catégorie. Toutefois, l'Oncle Sam a mis plus de cartes dans son jeu que le Vieux Continent pour insuffler davantage d'oxygène à son économie. À commencer par le programme massif d'achats d'emprunts d'État de la Réserve fédérale, alors que l'Europe joue dans le désordre et ne peut compter que sur la Banque centrale européenne pour fédérer les énergies éparses. On peut encore dire aujourd'hui, comme Henry Kissinger il y a trente ans : « L'Europe, quel numéro de téléphone ? » Avantage au dollar.Viennent ensuite les problèmes de dette et de déficit. Empêtrée dans sa crise souveraine, l'Europe avance à pas comptés mais elle avance. Elle a décidé lundi de doubler la taille de son futur fonds de soutien aux pays en détresse pour le porter à 500 milliards d'euros. Mais le dispositif n'entrera en vigueur qu'à la mi-2013. D'ici là, le spectre d'une contagion des crises grecque et irlandaise à d'autres pays plus importants, qui mettrait à mal le dispositif actuel (le FESF moins bien doté), continue à agiter sporadiquement les marchés. De leur côté, les États-Unis vont devoir tôt au tard faire face à leur déficit public abyssal qui atteindrait le record absolu de 10,9 % du PIB sur l'exercice 2011, contre 6,5 % prévus dans la zone euro. Et ce n'est pas le projet de budget 2012 modérément restrictif présenté par le président Obama qui va désamorcer cette bombe à retardement. D'autant qu'il va faire l'objet d'une bataille sans concession avec la majorité républicaine. Avantage à l'euro. Isabelle Croizard

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