Le fol appétit des groupes du sud-est asiatique

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La fièvre acheteuse contamine apparemment le Sud Est de l’Asie. Alors qu’elles avaient les yeux rivés sur leur marché intérieur où la concurrence est limitée, les entreprises sud asiatiques ont engrangé ces dernières années de très beaux profits. Mais aujourd’hui, nombreuses sont celles qui se sentent à l’étroit chez elles. Comme elles disposent de beaucoup de liquidités, elles peuvent se lancer dans des prises de participation dans des firmes étrangères. Et ce n’est pas les opportunités qui manquent…Cette année, ces acquisitions ont atteint 29,9 milliards de dollars (sans compter les rachats opérés par les fonds souverains de la région), soit trois fois le montant enregistré l'an passé à pareille période..Cet appétit féroce ne vient pas réjouir Heineken et ShellOn dit les asiatiques amateurs de bières. Les sociétés thaïlandaises Thai Beverage et Kindest Place le savent pertinemment. C’est la raison pour laquelle elles se livrent à un bras de fer contre Heineken. L’objet de leurs convoitises ? La pépite Asia Pacific Breweries (APB), très prospère sur le continent grâce à sa Tiger Beer. Le fameux brasseur néerlandais, qui contrôle déjà 42% des parts d’APB, a récemment proposé à son partenaire Fraser & Neave (F&N) de racheter l’intégralité de ses parts (40%) dans APB pour 50 dollars de Singapour par action. Mais Kindest Place, qui détient 8,6% d’APB et Thai Beverage, actionnaire à 26,2% de F&N ne l’entendent pas de cette oreille. Elles ont ainsi ouvert les hostilités en proposant à F&N le rachat de ses parts dans APB au prix de 55 dollars de Singapour par action. Affaire à suivre…Les entreprises sud asiatiques font également des vagues sur d’autres rivages. En juillet dernier, Shell PLC a été écarté de la course au rachat de l’entreprise britannique Cove PLC, spécialisée dans le forage de gaz et de pétrole au Mozambique. La société thaïlandaise PTT Exploration & Production PCL, filiale du conglomérat public PTT PCL a fait une meilleure offre. Et ce, à la plus grande surprise des analystes, qui ne s’attendaient pas à voir un « Goliath » comme Shell détrôné par un « David » tel PTT Exploration. Il lui reste maintenant à signer le chèque de 1,9 milliard de dollars.Objectif : « devenir des Samsung » La liste est encore longue et l’industrie financière n’est pas laissée de côté. La Malaisie a opéré les deuxième et troisième plus grandes entrées en bourse cette année, derrière celle de Facebook. Toujours en Malaisie, le groupe CIMB a repris les activités actions en Asie de la Royal Bank of Scotland pour 142 millions de dollars, dans une succession de rachats qui pourrait propulser le groupe malaisien au rang de pilier de la finance asiatique.« De nombreuses entreprises sud asiatiques aspirent à devenir des Samsung », explique Vorapong Sutanont, un associé du bureau de PriceWaterHouseCoopers à Bangkok.Le but ultime serait même de créer une communauté économique dans la région du sud est de l’Asie. A la clé, la chute des barrières commerciales, des flux sur le marché du travail plus souples, et des marchés financiers plus intégrés. Pour les firmes occidentales, la compétition s’annonce d’autant plus acharnée. 

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