Raphaël Dinelli, le skipper passé au techno-business
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La Tribune - Comment naît l\'intérêt pour les énergies renouvelables dans la tête d\'un navigateur ?Raphaël Dinelli - J\'ai effectué quatre tours du monde et, chaque fois, deux ou trois concurrents rentrent au port en raison de problèmes d\'énergie. Sans énergie, vous n\'avez plus de pilote automatique, plus de météo, plus de communication... lors de l\'édition de 2004, j\'ai fait un test. J\'ai embarqué 300 litres de carburant - moitié moins que la quantité habituelle - et des panneaux solaires. À mon retour, j\'avais à peine consommé une soixantaine de litres. À bord, l\'énergie, c\'est vulgairement un moteur essence ou Diesel. Une batterie, dans le froid et l\'humidité, résiste mal. Dans ces conditions extrêmes, un panneau traditionnel, c\'est lourd, et après deux ou trois vagues, ça ne marche pas... alors, nous nous sommes intéressés à l\'emballage, à l\'encapsulation de cellules photovoltaïques.Quel est le rôle de la fondation Océan Vital ?Nous sommes une fondation de recherche appliquée, spécialisée dans les projets collaboratifs, et travaillons sur quatre programmes : l\'habitat bioclimatique, les éoliennes à axe verticales, le solaire et l\'océanographie. Pour chacun d\'eux, nous sommes porteurs d\'un projet. D\'autres sont réalisés à la demande d\'entreprises. Depuis 2009, nous sommes reconnus d\'intérêt général et labellisés plate-forme régionale de l\'innovation. Un des objectifs est de créer des ponts avec la recherche fondamentale, dont les travaux peuvent s\'étaler sur cinq à dix ans. nous, nos travaux ne doivent pas excéder deux ans pour répondre aux besoins des entreprises, qui ont de moins en mois de visibilité. nous avons des conventions avec l\'Icam de Nantes, l\'École des mines, l\'École centrale, Polytech, le pôle Emc2, Supélec Paris pour l\'électronique, l\'Institut national de l\'énergie solaire, le CEA... avec lesquels nous réalisons des démonstrateurs. Nous sommes soutenus par la région Pays de la Loire, le département de Vendée, l\'Ademe...Sur quelles applications avez-vous travaillé ?Depuis 2008, nous avons mené de nombreux projets dans le solaire et mis au point de nombreux démonstrateurs. D\'abord en équipant la Bb1, un petit véhicule électrique pour Peugeot, puis en recouvrant le toit d\'un ter, le rayon vert, pour la Sncf, et le toit d\'un bus hybride, pour fast concept car. Outre l\'alimentation de la climatisation et l\'éclairage intérieur, le solaire devrait permettre de réduire de 10 % à 15 % la consommation de carburant.Nous réalisons également une ombrière photovoltaïque - un genre de parking solaire - pour Renault, qui permettrait d\'allonger la durée de vie des batteries de véhicules électriques et de répondre aux besoins de flottes d\'automobiles de loueurs ou de collectivités. Dès la rentrée, nous allons attaquer la construction d\'un longeron en carbone, d\'un avion biplace électrique de 14 mètres d\'envergure. Nous y travaillons depuis quatre ans. L\'Eraole sera recouvert de panneaux solaires qui devraient plus que doubler sa vitesse (70 à 140 km/h) ou/et son autonomie (de 1h30 à 4 heures).Quel est l\'intérêt de votre technologie sur le marché du solaire ?Les tests en conditions extrêmes réalisés au cours des Vendée Globe ont révélé la fragilité de conception des panneaux solaires classiques. Nous avons élaboré une structure souple en matériaux composites où les cellules sont prises en sandwich. Elle pèse 1 600 g/m2 pour moins d\'un millimètre d\'épaisseur en conservant les rendements offerts par les panneaux classiques. Jusqu\'à présent, deux technologies s\'affrontaient sur le marché. Les panneaux rigides, traditionnels, à haut rendement, qui pèsent 18 kg le mètre carré, et les films amorphes, souples et légers, mais dont les rendements de 8 % à 12 % sont moitié moins importants. Aujourd\'hui, les énergéticiens réfléchissent à équiper de grandes surfaces comme les toitures de bâtiments agricoles ou industriels. Or, recouvrir 1 000 m2 de toiture avec des panneaux traditionnels, cela veut dire ajouter 18 tonnes. Notre procédé s\'avère donc très opportun. Nous sommes en discussion avec total (Sunpower, Tenesol), ERDF (Photowatt) et Sharp pour conclure un transfert de technologie. l\'idéal serait de le céder avant la fin de l\'année et de poursuivre nos autres démonstrateurs.
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