John Mackey, un « libertarien » en lutte contre la malbouffe

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John Mackey s'affirme investi d'une mission. Le fondateur de Whole Foods Market, la première enseigne mondiale de supermarchés de produits naturels et bio, souhaite « améliorer la vie de millions de personnes en renforçant leur connaissance des principes d'une alimentation réellement saine ». Végétalien et « libertarien », ce patron américain provoque régulièrement la colère de ses clients progressistes lorsqu'il affiche ses opinions libérales. Mais voilà, Mackey est engagé dans une lutte contre la « malbouffe » et prêche par ailleurs les vertus d'un « capitalisme conscient ». Bien qu'il admette que l'image de Whole Foods Market pâtisse parfois de ses commentaires, John Mackey est un patron citoyen et ne peut taire ses convictions. Au début mai, il a annoncé sur son blog qu'il partagerait désormais avec l'un de ses collaborateurs, Walter Robb, son poste de directeur général de l'enseigne qu'il a créée en 1978 à Austin, au Texas. Il entend ainsi maintenir « pour dix années de plus » l'équipe de direction qui a piloté le récent redressement du groupe. Depuis trois trimestres, Whole Foods, qui comprend 270 magasins, enregistre un rebond de ses ventes en développant sa marque d'enseigne. Le retrait partiel de Mackey, qui avait déjà abandonné ses fonctions de président du conseil d'administration en décembre 2009, n'a « rien à voir avec moi et n'a pas de lien avec ma tribune libre de l'an dernier », a assuré en mai le dirigeant. En août 2009, alors que le débat sur la réforme de l'assurance santé de Barack Obama divisait l'Amérique, Mackey s'est fendu d'une tribune dans le « Wall Street Journal » dans laquelle il a récusé le concept de « droit intrinsèque à la sant頻. « Ce droit n'existe pas en Amérique », a-t-il martelé, en se faisant l'avocat des comptes épargne santé. Le patron a alors été violemment pris à partie sur des forums en ligne et des associations de consommateurs ont appelé au boycott des magasins Whole Foods. Les médias américains avancent que c'est sous la pression d'actionnaires activistes dont le fonds CtW gérant les fonds de pension de syndicats ? et non volontairement ? que le responsable a été contraint de céder son poste de président du conseil d'administration en décembre. Un mois plus tard, patatras?! Mackey se trouve au coeur d'une nouvelle controverse?: le responsable a déclaré au magazine « The New Yorker », qu'il « n'existait aucun consensus scientifique » sur le réchauffement climatique et que, de toute façon, « historiquement, la prospérité a tendance à se corréler aux températures plus chaudes »?!Le fondateur de Whole Foods ? à l'origine une épicerie de produits naturels nichée dans un garage ? a l'habitude de susciter de violents débats. La chaîne de magasins, proposant à ses salariés des avantages sociaux supérieurs à ceux offerts par ses concurrents, figure chaque année dans le classement Forbes des « 100 meilleures sociétés où travailler ». Toutefois, celle-ci se voit souvent affublée du surnom de « Whole-Mart ». Car, à l'instar de la direction du numéro un mondial de la distribution Wal-Mart, John Mackey s'oppose farouchement à l'entrée de syndicats nationaux au sein de Whole Foods. Dans ce contexte, bien qu'il ait ramené son salaire annuel à 1 dollar et refuse que les dirigeants de Whole Foods perçoivent plus de quatorze fois le salaire moyen des « membres d'équipe » du distributeur ? en clair ses employés ? Mackey reste la cible des syndicats qu'il a comparés à de « l'herpès ». « Cela ne vous tue pas, mais c'est désagréable, gênant et décourage plein de gens de devenir votre amant ! » n? Demain, entretien avec Charles Kloboukoff, président et fondateur de Léa Nature.

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