Contre l'inflation, les pays touchés par la sécheresse jouent sur leur monnaie

 |   |  392  mots
L'inflation redevient une préoccupation dans certains pays émergents. Qui plus est, dans ceux qui ont connu la sécheresse, la canicule et une envolée du prix des denrées alimentaires. C'est le cas notamment en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan, où les banques centrales devraient être contraintes de laisser s'apprécier la monnaie en vue d'alléger le coût des produits importés. Hausse du prix du blé de 36 %La plupart des experts estiment qu'en Russie le taux de l'inflation devrait progresser sous l'effet de la hausse du prix des céréales. Dimitry Polvoy, économiste à la banque ING, pronostique, par exemple, qu'il pourrait s'installer autour de 8,5 % d'ici à la fin de l'année, contre un point bas de 5,5 % le mois dernier. « Nous ne nous attendons pas à une hausse des taux d'intérêt cette année en Russie mais plutôt à un raffermissement du rouble ». Celui-ci pourrait, selon lui, s'apprécier de 7 % d'ici à la fin de l'année. Ce que concèdent également d'autres établissements, comme BNP Paribas, VTB Capital ou encore Goldman Sachs. La banque d'affaires américaine table, quant à elle, sur une progression plus forte encore, de 9 %, ce qui revient à une parité de 27,5 roubles (contre 30,41 en fin de semaine dernière) sur les douze prochains mois. Selon ses experts, les prix du blé pourraient rester, dans ce pays, en hausse de 36 % au cours des 3 à 12 prochains mois, par rapport au prix moyen du premier semestre de cette année.La Russie est loin d'être le seul pays concerné par cette flambée des prix. La plupart des « banques centrales des marchés émergents augmentent déjà leurs taux, creusant ainsi l'écart des différentiels de taux d'intérêt avec les pays développés où la politique monétaire demeure très rigoureuse », rappelle Philip Poole, stratège chez HSBC. Dans la région, l'Ukraine et le Kazakhstan devraient appréhender de la même façon que leur voisin russe la problématique, en recourant à l'appréciation de leur monnaie. « L'activité du crédit bancaire est encore déprimée dans ces deux pays ce qui rend la perspective de hausse des taux encore prématurée», estime-t-on chez Goldman Sachs. Selon leurs pronostics, le hryvnia ukrainien et le tenge du Kazakhstan pourraient tous deux s'apprécier de 5 % d'ici à six mois. M. B.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :