Quelles sont ces armes chimiques syriennes que la Russie et les Etats-Unis se promettent d'éliminer ?

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A Genève, les envoyés de Vladimir Poutine et Barack Obama sont parvenus à un accord. Par la voix de John Kerry et Sergueï Lavrov, la Russie et les Etats-Unis sont convenus d\'un plan d\'élimination des armes chimiques syriennes. Damas a une semaine pour présenter la liste de ces armes. Ils prévoiraient en outre une résolution de l\'ONU qui se réfère toujours à la menace de recours à la force. De son côté, \"la France tiendra compte du rapport des inspecteurs de l\'ONU publié lundi sur le massacre de Damas pour arrêter sa position\", a commenté Laurent Fabius pour la France. La ligne rougeCertains pays occidentaux restent très circonspects sur la volonté réelle du régime de Bachar al-Assad de démanteler son arsenal d\'armes chimiques.L\'usage de ces dernières était considéré par les Etats-Unis notamment comme la \"ligne rouge\" à ne pas franchir. Que des gaz aient été utilisés dans les combats en Syrie, quasiment personne ne le nie, mais leur nature et leur origine font débat, même parmi la communauté des experts occidentaux, comme le signal cet article du magazine américain Foreign Policy. Un rapport de l\'Onu sur cette question est très attendu. Il pourrait être publié le 16 septembre. De quels gaz s\'agit-il?En attendant, plusieurs types d\'armes ont été fréquemment citées, notamment dans les rapports des services secrets américains et par des responsables français. Il est notamment question de gaz sarin, qui aurait été utilisé avant et pendant le massacre de près de 1500 personnes que les services secrets américains et l\'opposition syrienne attribuent au régime de Bachar Al-Assad. Le sarin est une substance volatile inodore et incolore contenant un agent neurotoxique appartenant à la famille des organophosphorés, des composés utilisés dans la fabrication des pesticides et de certains médicaments. Il serait également question de de gaz moutarde qui provoque des brûlures ou encore de gaz VX, dont les effets sont similaires à ceux du sarin. De combien la Syrie dispose-t-elle de ces armes ?En tout plus de 1000 tonnes de ces armes seraient entre les mains de l\'armée de Bachar al-Assad réparties sur 45 sites d\'après un responsable américain. Il est bien sûr impossible d\'en connaître le prix et de savoir quelle part elles représentent dans les dépenses militaires américaines. Au total, les dépenses militaires de la Syrie atteignaient 120 milliards de livres en 2011 (700 millions d\'euros environ), selon l\'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.D\'où viennent ces armes?Un document des services secrets américains à l\'attention du Sénat rendu public le 31 mai 2013 indique que le programme d\'achats d\'armes chimiques de la Syrie a débuté dans les années 1970. Au départ Damas les auraient stockées par crainte d\'attaques de la part d\'Israël. L\'Egypte aurait fourni les premiers stocks lors de la guerre du Kippour en 1973. Puis, selon des documents déclassifiés, le programme a été étendu dans les années 1980, le régime soviétique servant de principal fournisseur. Aujourd\'hui, ce programme serait \"l\'un des plus importants au monde\", toujours selon ce document.Comment démanteler ce stock?Une convention datant de 1993 signée à l\'origine par 162 pays et prenant effet accorde 10 ans aux signataires pour détruire tous les agents chimiques listés dans le traité. La Syrie n\'a pas signé ce traité. L\'organisation pour l\'interdiction des armes chimique supervise le processus de non prolifération. C\'est à elle qu\'a été confié la surveillance des armes syriennes, comme l\'a officiellement accepté Bachar al-Assad. Problème : son travail nécessite une coopération effective de l\'Etat qui se soumet à ses inspections. >> A lire aussi: La tragédie syrienne illustre la perte d\'influence de la Méditerranée sur l\'échiquier mondial

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