Vivendi s'empare du brésilien GVT

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Vivendi persiste et signe, et l'emporte. Telefonica a bien essayé de lui barrer la route au Brésil, mais le groupe français a déployé des moyens à la hauteur de sa détermination pour s'emparer du petit opérateur télécoms GVT, le premier alternatif du pays. Il lui en coûtera finalement 2,8 milliards d'euros, une rallonge de 800 millions par rapport au prix négocié cet été avec les fondateurs dans le cadre d'une offre publique d'achat (OPA) amicale à 42 reals, contrariée par l'irruption de Telefonica. Le géant espagnol, présent dans le fixe et le mobile au Brésil, a surenchéri par deux fois, début octobre à 48 reals et début novembre à 50,50 reals, pour lui souffler GVT. L'affaire semblait entendue et les investisseurs à la Bourse de Paris étaient rassurés que Vivendi ait perdu la bataille.à la suprise généraleC'est donc à la surprise générale que Vivendi a annoncé, vendredi soir, le lancement d'une nouvelle OPA, à 56 reals, sur le capital de GVT. Il en a déjà acquis 37,9 %, auprès des fondateurs et de tiers, et possède le droit d'en acheter 19,6 % supplémentaires, ce qui lui en garantit le contrôle, avec 57,5 % des droits de vote. Le groupe, dirigé par Jean-Bernard Lévy, devait surenchérir d'au moins 5 % pour se conformer au droit boursier brésilien ; il a finalement mis sur la table 10,8 % de plus que Telefonica, un tiers de plus que sa proposition initiale, pour s'assurer la victoire. Le prix, déjà jugé élevé par les analystes financiers à l'annonce de l'opération en septembre, « reflète la qualité exceptionnelle de cet opérateur et de ses équipes, comme nous avons pu le confirmer après un examen très attentif de son business model et de ses performances », a justifié le président du directoire de Vivendi.La maison mère de SFR, qui est aussi actionnaire à 53 % de Maroc Telecom, avait renoncé, cet été, à acquérir les actifs télécoms de Zain en Afrique, estimant que le prix n'était pas convenable (environ 25 fois l'excédent d'exploitation). Pour prendre pied au Brésil, le groupe est prêt à payer un multiple de l'ordre de 13 fois, presque le triple de la valorisation moyenne des opérateurs télécoms en Amérique latine. La croissance plus forte de GVT, de l'ordre de 30 % par an, et sa rentabilité solide (39 % de marge d'Ebitda) méritent certes une prime. Telefonica a déclaré que son offre était « le prix le plus élevé [qu'il pouvait] offrir au regard des synergies » et a adressé « tous ses v?ux à GVT ».De son côté, Vivendi entend « développer rapidement GVT dans les régions où il est actuellement peu ou pas présent » : le petit opérateur de téléphonie fixe, implanté dans le nord et l'ouest du pays, compte 2,5 millions de clients à fin septembre, sur une population de 190 millions de Brésiliens. Sur place, certains s'interrogent déjà sur les autres cibles, dans le mobile par exemple, que le groupe français pourrait regarder afin de fournir une offre complète de télécoms. n

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