Les restructurations profitent aux banques d'affaires

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Si le conseil en fusions-acquisitions souffre, celui dédié à la restructuration explose. Avec la crise la plus violente depuis 1929, les banques d'affaires spécialisées dans ce métier croulent sous les mandats. Elles sont un petit nombre à l'exercer au niveau mondial. Houlihan Lokey, Lazard et Rothschild jouissent de leur absence de conflits d'intérêts car elles ne font pas de crédit. La première a fait du conseil en restructuration sa grande spécialité depuis quinze ans. Lazard est très présente aux États-Unis, où elle a travaillé sur vingt des trente faillites d'entreprises depuis le début de l'année. L'inévitable Goldman Sachs réussit une forte intrusion sur ce marché, accompagnée de quelques acteurs comme Blackstone. En France, Close Brothers ou Leonardo percent le marché.2008 et 2009 ont surtout été marqués par des restructurations d'entreprises sous LBO (évolution de l'actionnariat) ou des renégociations de leurs dettes, mais même les sociétés classiques n'ont pas été épargnées. La montée du chômage, la faible consommation et les difficultés de certains secteurs promettent une année 2010 très active. Les LBO les plus endettés, réalisés pendant l'euphorie de 2006 et 2007, ont encore été peu touchés mais devraient arriver en force. « Il y aura encore beaucoup de restructuration sur les sociétés LBO dont les dettes non amortissables arriveront à échéance d'ici deux ans », explique François Faure chez Houlihan Lokey. À partir de fin 2006, beaucoup de transactions ont été bouclées avec des ratios bancaires plus souples et qui n'ont, de fait, pas encore été rompus mais pourraient l'être l'an prochain. Mais pas seulement. « De nombreuses restructurations seront menées sur des sociétés qui n'avaient pas traité leur endettement mais simplement assoupli leur structure financière », ajoute François Faure. Beaucoup de grosses opérations LBO réalisées juste avant la crise devraient ainsi entamer la renégociation voire la restructuration de leur dette. Et pas uniquement dans les secteurs industriels. « Dans les mois à venir, les restructurations en Europe toucheront des secteurs plus diversifiés que jusqu'à présent », précise Laurent Rossetti, associé chez Lazard en charge du conseil en restructuration. La distribution spécialisée est notamment régulièrement citée.Manque de liquiditésLes banques d'affaires s'attendent aussi à des restructurations tendues pour des entreprises ayant des problèmes de liquidités. « Le dimensionnement des lignes de crédit court terme doit permettre non seulement de faire face aux besoins immédiats, mais aussi de financer les premières phases d'une reprise d'activit頻, explique Laurent Rossetti.Ce métier compense en tout cas parfaitement la baisse des revenus de conseil pour les banques d'affaires, parfois même jusqu'à les égaler (voir graphique). La complémentarité de ces deux activités cyclique et contra-cyclique semble avoir fait ses preuves. La boutique Houlihan Lokey prévoit d'ailleurs de recruter des banquiers pour développer son activité de conseil en fusions-acquisitions.

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