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« L'Europe doit nous ouvrir ses portes comme elle l'a fait pour Huawei »

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Publié le 16 mars 2011 à 20:27 - Mis à jour le 16 mars 2011 à 20:27

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STRONG>Lin Cheng, Président Europe de ZTEVotre groupe réalise près de la moitié de son chiffre d'affaires en Chine, 35 % environ dans les pays émergents et le solde dans les pays développés. Quelle zone géographique comptez-vous privilégier à l'avenir ? Le groupe souhaite se renforcer dans les pays développés, en augmentant notamment ses positions vis-à-vis des acteurs majeurs dans les télécoms comme Vodafone, Deutsche Telekom, Telefónica, France Télécome;lécom ou encore Verizon. Dans les pays émergents, il nous reste également à progresser mais la marge d'évolution est moins patente que dans les pays développés. ZTE se trouve-t-il aujourd'hui dans une situation comparable à celle de Huawei en Europe et aux États-Unis ? L'Europe a laissé Huawei entrer sur le marché des infrastructures fixes et mobiles. Ce groupe détient aujourd'hui près de 20 % de ce marché tandis que nous devons nous contenter d'une part epsilonesque proche de 0 %. Certes nous sommes entrés deux ans plus tard que Huawei en Europe mais au bout de six ans, les différences devraient s'estomper. Aux États-Unis, nous sommes dans une situation différente que Huawei. Nous n'avons pas de problèmes de gouvernance, nous sommes cotés en Bourse et comptons au sein de notre capital des institutionnels américains, en l'occurrence le fonds Fidelity. Compte tenu de notre cotation boursière, nous aurions sans doute eu notre chance si nous nous étions portés acquéreurs de 3Leaf [la société informatique que Huawei a renoncé à acheter en raison de l'opposition du Congrès, Ndlr].Le marché des télécoms mobiles en Chine continue d'évoluer à des croissances de l'ordre de 15 à 20 %. Cela vous donne-t-il des envies d'étoffer votre présence dans ce pays ?Nous souhaitons toujours augmenter notre part de marché bien sûr mais cela ne restera sans doute pas très significatif. Il y a certes du potentiel dans les terminaux. Mais pour l'heure, ce sont surtout des marques étrangères qui évoluent sur ce marché. Nokia détient 40 % environ du marché chinois devant Samsung. De leur côté, Huawei et ZTE figurent encore parmi les derniers. Pour progresser, il nous faut avant tout constituer notre marque, ce qui prend beaucoup de temps, et qu'un lien de reconnaissance se fasse entre la marque et le volume des ventes. Vous vous estimez lésés lorsque les Etats-Unis s'opposent à la prise de contrôle de groupes américains par des groupes chinois, mais qu'en est-il de la présence occidentale dans les réseaux en Chine ? Alcatel-Lucent continue d'avoir une part de marché de 25 % en Chine dans l'infrastructure du fixe. Un groupe comme Cisco a 50 % de parts de marché dans les routeurs, alors que nous-mêmes n'avons même pas 0,5 % du marché américain des routeurs... Craignez-vous l'émergence de nouveaux équipementiers locaux en Chine ? Huawei et ZTE ont chacun environ 30% du marché. Dans les trois ans qui viennent il y a, à mon sens, peu de chances de voir entrer de nouveaux acteurs importants sur ce créneau. Quels sont vos objectifs stratégiques prioritaires ? Dans les pays occidentaux, cela dépendra du temps que nous mettrons à lever certains obstacles, notamment en matière de protectionnisme. Si l'opinion publique est contre vous, un gouvernement tend à aller dans son sens et à ne pas prendre de risque. Nous ne naviguons pas en eaux très sûres. Nous étions auparavant perçus comme un fabricant de produits bon marché mais de mauvaise qualité. À présent que nos produits montent en gamme, ils sont jugés trop bons et donc « menaçants ». Propos recueillis par M. B.

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