Oswald Spengler. Pour surmonter le déclin de l'Occident
La Tribune
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En 2011, Nicolas Sarkozy, président du G20 pour un an, mais réduit à l'impuissance par le face-à-face États-Unis-Chine, pourrait relire avec utilité « le Déclin de l'Occident » du philosophe allemand Oswald Spengler (1880-1936). Publié en 1918 et en 1922, ce texte fondateur du déclinisme est une synthèse de l'histoire du monde, inspirée par Goethe et Nietzsche. Une histoire tragique bien sûr, qui a fait de Spengler l'auteur fétiche de la « Révolution conservatrice », ce « préfascisme allemand » qui s'est opposé à la république de Weimar. Selon lui, seule l'Allemagne (tiens tiens !) pouvait assurer l'avenir de l'Occident, comme une nouvelle Rome. Tour à tour adulé (par Thomas Mann) puis critiqué (Karl Popper a écrit « Misère de l'historicisme » en réaction à sa vision selon laquelle il y aurait des lois historiques immuables), sa modernité a été redécouverte par Henry Kissinger qui reconnaissait à Spengler « un regard intéressant sur la croissance et le déclin des civilisations », vues comme autant d'entités biologiques incompatibles entre elles. Un scénario possible dans un contexte de basculement du monde vers l'Asie, qui fait dire à certains intellectuels, comme Hakim el Karoui, que nous vivons une époque de désoccidentalisation du monde. Ph. Ma.
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