Quand l'individualisme conduit à « l'anomie »
La Tribune
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Comment créer du lien social dans une société toujours plus individualiste ? Le sociologue français Émile Durkheim posait la question dans les années 1890. Elle sera encore d'actualité en 2011. Tâches parcellisées et individualisées conduisent à une perte de lien dans le monde du travail. Une tendance qui se confirme année après année. Après avoir analysé les transformations du monde du travail, Durkheim avait, en 1897, forgé le concept « d'anomie » dans son livre sur les causes du suicide, « le Suicide ». Le terme correspond, étymologiquement, à une absence de normes. Cette anomie était, dans l'esprit de Durkheim, liée à une perte des valeurs et une diminution de la régulation sociale, qui, à la suite de l'industrialisation, conduisaient, à la fin du XIXe siècle, à un fort accroissement du nombre de suicides. Un phénomène perceptible aujourd'hui : selon l'Organisation mondiale de la santé, le taux de suicide dans le monde a augmenté de 60 % depuis 45 ans, devenant particulièrement élevé dans des pays ayant perdu leurs repères (Russie) ou en Chine, avec l'industrialisation. La France affiche le taux de suicide le plus élevé d'Europe, après la Finlande. I. B.
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