Le sommet de Copenhague au bord du gouffre

climatLes 120 chefs d'État et de gouvernement qui ont commencé à affluer vers Copenhague suscitaient hier les plus grandes attentes parmi les négociateurs « climat », incapables de surmonter les profondes divergences entre les 193 pays réunis autour de la table des discussions.Les délégations d'experts, qui ont travaillé toute la semaine dernière pour tenter d'ouvrir la voie à un nouveau régime contre le réchauffement climatique, ont transmis mercredi aux ministres des dossiers inachevés et lacunaires. « Il faut à présent que les présidents fassent preuve de leadership et prennent le risque de faire de nouvelles offres », a confié Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement.Une des raisons du blocage est liée à « la confrontation États-Unis - Chine », estime Laurence Tubiana, membre de l'équipe de négociation française. Critiqué pour le manque d'ambition de leur objectif de réduction des émissions de gaz à effet (? 17 % d'ici à 2020 par rapport à 2005), Washington refuse toujours de rejoindre le protocole de Kyoto qui astreint 37 pays riches à réduire leurs émissions, mais laisse de côté les pays émergents comme la Chine. De l'obstination des États-Unis découle une mécanique funeste?: des pays riches « sous Kyoto » (Japon en tête) refusent de rempiler pour une deuxième période d'engagement au-delà du calendrier prévu, comme les y exhortent les pays en voie de développement (G77).Obama attenduÀ cette source de blocage s'en ajoute une seconde. Washington est jusqu'à présent incapable de se prononcer sur sa contribution aux aides financières à long terme promises au Sud pour faire face au réchauffement. Le G77 se radicalise. Quant à l'Union européenne, elle hésite à porter à ? 30 % la réduction de ses émissions, comme l'exige le Sud. Les chefs d'État européens présents à Copenhague pourrait se saisir du dossier vendredi.La spirale négative pourrait pourtant être inversée. « Le président Obama peut annoncer des mesures complémentaires pour relever son objectif d'émission en renforçant l'efficacité énergétique des véhicules, par exemple, ou le programme d'énergies renouvelables », estime Hilary McMahon, senior associate à World Ressources Institute, un « think tank » américain. Sur la question financière, elle ne croit pas à l'impossibilité du gouvernement américain de prendre des engagements budgétaires pluriannuels, argument qui a été utilisé par la Maison-Blanche. « Si les États-Unis adoptent une loi sur le plafonnement des émissions et le marché des quotas carbone, il sera possible de créer une réserve alimentée par un prélèvement sur les échanges carbone, ou encore un fonds », dit-elle. Obama arrive vendredi.

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