Des aménagements à la réforme de la carte scolaire

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« La libéralisation de la carte scolaire est le sujet qui inquiète le plus les lycéens », constate Antoine Evennou, le président de l'Union nationale lycéenne (UNL). Avec la réforme du lycée, de la formation des enseignants et des suppressions de postes, ce sera aussi l'une des revendications des journées d'action des 21 et 30 janvier. Luc Chatel est-il prêt à aménager la réforme de la carte scolaire ? Lorsque le débat a rebondi fin 2009, à la faveur de la publication d'un rapport de la Cour des comptes évoquant comme effet induit un renforcement de la désaffection des établissements difficiles, le ministre de l'Éducation nationale, tout en maintenant son objectif de suppression de la carte scolaire, avait promis des discussions avec les syndicats pour réfléchir à des aménagements. Et avait laissé entendre que ce serait son premier chantier de 2010 après celui de la réforme du lycée.Aujourd'hui, son entourage évoque la mise en place de groupes de travail avec les syndicats, les fédérations de parents d'élèves et de lycéens pour « faire évoluer le dispositif ». Les conclusions sont prévues pour début mars. Mais, concrètement, rien n'a encore vraiment bougé. « Nous n'avons aucune information », dénonce Daniel Robin, cosecrétaire général du Snes, qui demande un état des lieux précis. Même demande du SE-Unsa : « Nous comptons mettre le dossier sur la table », indique Christian Chevalier, son secrétaire général. Seul le Sgen-CFDT semble avoir été pour l'heure associé aux groupes de travail. « Le ministère commence à prendre conscience que le risque de ghettoïsation existe et réfléchit à des outils pour réguler les flux », confie Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen, qui préconise de travailler sur la notion de « bassins d'enseignement ».de nouveaux problèmesLe sujet est complexe. Si un consensus se dégage pour critiquer l'hypocrisie du système précédent qui favorisait les « délits d'initi頻, la suppression de la carte pose de nouveaux problèmes. Doit-on conserver une priorité à la proximité ? Par ailleurs, les dérogations ne sont pas toujours utilisées par les familles des élèves concernés (handicapés, boursiers?), et ces dernières pas toujours informées de leurs nouvelles possibilités. Et si le ministère assure que 50 collèges « ambition réussite » ont gagné des élèves depuis le début de l'application de la réforme, d'autres en perdent. Et dans ce cas, il n'exclut pas des fermetures (quelques-unes ont déjà eu lieu à Avignon, dans le Cantal), ce qui implique des problèmes de transports scolaires en zone rurale. Clarisse Jay

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