L'assainissement des bilans favorise les acquisitions
La Tribune
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Tout un symbole. En mettant mercredi la main sur la société de biotechnologies Genzyme pour 20,5 milliards de dollars, Sanofi-Aventis a réalisé, en valeur, la deuxième plus grosse opération de l'histoire du secteur. Fort de restructurations et de réductions de coûts opérées en urgence dès l'exercice 2009, les mastodontes de la place parisienne ont considérablement amélioré leur niveau de trésorerie. Et il y a fort à parier que le mouvement va aller crescendo. Car l'environnement économique stabilisé, le risque souverain en partie dissipé, les fleurons tricolores restent assis sur une montagne de liquidités qui n'a que très légèrement été entamée l'an dernier. Exception faite de GDF-Suez avec International Power, de Vivendi avec GVT et désormais de Sanofi avec Genzyme, les exemples d'acquisitions de la part des fleurons industriels français n'ont pas été légion en 2010. L'an dernier, à la même époque, il ressortait que les entreprises du CAC 40 (hors secteur financier) étaient assises sur plus de 120 milliards d'euros de trésorerie brut. Or entre temps, ces liquidités n'ont été que faiblement sollicitées si l'on sait qu'en volume les acquisitions réalisées par l'ensemble des sociétés françaises (et pas seulement celles du CAC 40) ont atteint l'an dernier 85 milliards de dollars (63 milliards d'euros) selon l'agence Thomson Reuters. Il s'agit, certes, du plus haut niveau depuis 2008 mais cette année-là, le montant des acquisitions réalisées avait atteint un peu plus de 150 milliards de dollars (111 milliards d'euros). En attente du vrai rebondEn outre, il ressort que la différence entre 2009 et 2010 est faible, laissant à penser que le véritable rebond n'a pas encore eu lieu. « En matière de fusions acquisitions, le rebond entamé en 2010 devrait s'amplifier cette année sauf cas exceptionnel de crise comme ce fut la cas avec la dette des pays de la zone euro l'an dernier » commentent Marcus Billam et Frédéric Moreau, associés chez Allen and Overy. Une hypothèse confirmée par Hervé Mangin, gérant actions chez Axa IM, qui souligne que « le regain d'appétit pour les fusions acquisitions chez les entreprises occidentales est dictée par une croissance molle dans les économies développées qui les incite à acheter de la croissance via d'autres entreprises plutôt que d'investir ». Et cela « soit pour s'implanter dans les pays émergents, soit pour consolider ses positions et améliorer son pricing power ». Les secteurs « qui génèrent continuellement de la trésorerie sont d'autant plus enclins à une forte hausse des activités de fusions acquisitions », ajoute Ludovic Ferras, spécialiste des investissements structurés chez Dexia AM . Et de préciser : « C'est tout particulièrement le cas de l'énergie, de la santé et de la technologie. » Gaël Vautrin
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