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Pourquoi le gouvernement ne coupera pas dans les dépenses en juillet

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Publié le 30 juin 2012 à 03:23 - Mis à jour le 30 juin 2012 à 03:23

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Gilles Carrez et Philippe Marini, respectivement rapporteur du budget à l\'Assemblée nationale et au Sénat (UMP) « n\'ont pas le droit de tromper ainsi les Français » s\'est emporté le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ce vendredi matin, sur Europe 1.  Que justifie un tel courroux à l\'égard des parlementaires ? Ils ont affirmé que, sous le nouveau gouvernement socialiste, les dépenses publiques étaient en passe d\'exploser, estimant que les annonces faites depuis un mois aboutiraient à « 20 milliards de dépenses publiques supplémentaires d\'ici cinq ans ».Jean-Marc Ayrault dénonce un \"mensonge\"« C\'est un mensonge », affirme le premier ministre. « Tout ce que nous avons décidé est financé » souligne-t-il. En outre, insiste Jean-Marc Ayrault, la seule dépense nouvelle figurant dans le collectif budgétaire sera celle correspondant aux 1.000 postes supplémentaires ouverts d\'urgence dans l\'Education nationale, à la rentrée. « Elle sera couverte par une diminution des dépenses » a insisté le premier ministre.Ce faisant, l\'hôte de Matignon déplace le débat. En insistant sur le fait que « tout est financé » il n\'évalue pas clairement le montant des dépenses nouvelles. Peuvent-elles atteindre les 20 milliards évoqués par les parlementaires UMP ? Ceux-ci ont tendance à additionner crédits supplémentaires et renoncements à des économies, afin de parvenir à un gros chiffre rond.Peu de dépenses nouvellesQuelles sont, en réalité les dépenses budgétaires nouvelles ? Dans l\'immédiat, les 1000 postes pour l\'éducation représenteront moins de 200 millions d\'euros en année pleine. A terme, d\'ici cinq ans, les 60.000 postes promis coûteront 1,7 milliard l\'an, selon la cellule de chiffrage de l\'institut Montaigne. La retraite à 60 ans pour les carrières longues, décidée par décret, représentera un coût de 1,1 milliard en 2013, et un peu plus de trois milliards d\'euros, d\'ici cinq ans, en année pleine. Quant à la majoration de l\'allocation de rentrée scolaire, elle représente environ 400 millions d\'euros.En réalité, la question que posent à Bercy aussi bien Bruxelles, la Cour des comptes que l\'Inspection des finances, n\'est pas celle du coût des mesures annoncées, mais de la politique de réduction de dépenses.Peu de coupes, sous SarkozyLa loi de finances rectificative, présentée début juillet, prévoira-t-elle des coupes importantes? C\'est très peu probable. Diminuer fortement les dépenses, en milieu d\'année, pose de nombreux problèmes techniques. Sans parler des questions politiques. Les majorités de droite, a priori désireuses de s\'orienter dans cette direction, ont toujours eu toutes les peines du monde à le faire. Ainsi, en août 2011, la volonté du gouvernement Fillon était forte de trouver des économies budgétaires pour faire aux conséquences de l\'affaiblissement de la croissance. In fine, le plan présenté fin août ne fut quasiment qu\'une addition de mesures fiscales.L\'Inspection des finances table sur le long termeDu reste, les mesures suggérées par exemple, par l\'Inspection des finances, dans un rapport commandé par François Fillon et publié par les Echos début juin, n\'ont un impact que sur le long terme. Geler les promotions dans la fonction publique (pour une économie de 1,2 milliard l\'an) ? On voit mal demander aux fonctionnaires concernés de rembourser la hausse de traitement reçue depuis le début de l\'année. Le gel des retraites (0,7 milliard d\'économie annuelle) ? Ce n\'est envisageable, techniquement, que pour l\'année prochaine. Avec des conséquences sociales et économiques qui restent à évaluer. Il en va de même de la désindexation des prestations sociales (0,6 milliard). Et pour la baisse des dépenses de fonctionnement de la défense ou le gel des investissement militaires : elles sont envisageables en cours d\'année, mais avec un rendement alors marginal.A cet égard, le rapport de l\'Inspection des finances, qui n\'a pas été rendu public par Bercy, est riche d\'enseignements, heurtant des idées reçues sur la réalité budgétaire. Ainsi, la baisse des dépenses de fonctionnement de l\'administration, à laquelle tout un chacun pense, comme gisement d\'économie, ne rapporterait que très peu : une diminution de 2,5% représenterait un gain de 0,3 milliard l\'an. Voilà pourquoi, toute question de choix politique mise à part, le collectif budgétaire soumis en juillet aux parlementaires comprendra surtout des hausses d\'impôts. Nombreuses, pour approcher, logiquement, les 10 milliards d\'euros, afin de ramener le déficit public à 4,5% du PIB, comme l\'a promis Pierre Moscovici, au lieu d\'une tendance actuelle de 5% de la richesse nationale.

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