Les OPA transfrontalières souvent mises en échec dans le BTP
La Tribune
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L'offensive de l'espagnol ACS sur l'allemand Hochtief rappelle celle que Sacyr avait menée en 2006 sur le français Eiffage. Mais la méthode est singulièrement différente. Sacyr avait fait irruption au capital d'Eiffage en février 2006 puis était monté à 30 %, sans y avoir été invité. Son PDG, Luis del Rivero, cherchait d'évidence, dans une sorte de fuite en avant, à réduire son exposition à un marché immobilier espagnol qui menaçait de se retourner et sans doute à démanteler Eiffage en mettant la main sur sa filiale autoroutière APRR. Si les relations entre ACS et Hochtief se sont tendues, ACS est entré à l'inverse au capital de l'allemand à la régulière, en achetant 25 %. Pour l'heure, il n'envisage pas de monter à 100 % mais vise un peu plus de la moitié du capital du groupe, ce qui lui donnerait le contrôle du cash flow de la filiale australienne de Hochtief, Leighton holdings. Toutefois, ACS chercherait aussi, en intégrant Hochtief, à réduire le poids de sa dette.Au-delà, les OPA transfrontalières de ce type ont peu de chances d'aboutir. Le BTP est un métier d'hommes. Lancer une OPA c'est prendre le risque que les équipes détentrices du savoir-faire dans la construction partent. Or, il est indispensable dans ces métiers d'avoir des relations très fortes avec les décideurs locaux qui lancent des projets. En outre, il est difficile de faire jouer des synergies, hormis dans les concessions autoroutières. Le BTP devrait donc garder encore longtemps un côté national. Sophie Sanchez
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