La chute de la consommation d'essence pénalise les marges des raffineries
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Les voitures américaines n'ont consommé, la semaine dernière, que 8,84 millions de barils d'essence. La dernière fois qu'elles s'étaient montrées si économes remonte à octobre 2008 : la distribution d'essence était alors ralentie par l'ouragan Ike. Certes, la neige a sans doute pesé dans l'équation en forçant les voitures à rester au garage. Le manteau neigeux est en effet descendu jusqu'au Texas, bloquant des États entiers peu équipés en chasse-neige. parc excédentaireAux États-Unis, les stocks hebdomadaires publiés jeudi soir ont indiqué une hausse de 1,62 million de barils des stocks d'essence, à 232,1 millions. Même chose pour le pétrole brut, dont les réserves se sont encore accumulées, portant le total des stocks à 334,5 millions de barils d'huile. Mais en dehors des questions de météo, la tendance à la baisse de la consommation de pétrole semble indiscutable. Selon JBC Energy, la demande d'essence aux États-Unis pourrait plonger de 31 % d'ici à 2020, en raison d'une meilleure efficience des moteurs ainsi que du recours croissant aux voitures électriques et hybrides. La question de l'efficacité représente l'essentiel des économies d'énergie prévues : elle pourrait faire baisser la consommation d'essence de 2,5 millions de barils par jour.Des éléments qui rendent le parc de raffineries tout à fait excédentaire. En Europe, ce sont 3,4 millions de barils de capacité de produits raffinés qui devraient être supprimés dans les dix ans à venir, contre 4,5 millions de barils aux États-Unis, afin de redresser le taux d'utilisation des équipements du secteur. Hier, la totalité des capacités de raffinage de Total était en grève en France, alors que le groupe pétrolier prévoit de supprimer, d'ici à 2011, un cinquième de ses raffineries européennes.La faiblesse de la consommation d'essence met les marges de raffinage à rude épreuve. Selon BP, les marges étaient en moyenne de 1,49 dollar par baril au dernier trimestre 2009, même si elles se sont légèrement redressées au cours des six premières semaines de 2010. Mais il ne s'agit que d'une moyenne : certains acteurs souffrent plus que les autres. Ainsi, Reliance et Valero, les deux premiers raffineurs présents sur le segment du pétrole lourd, sont aujourd'hui étranglés par les prix relativement hauts de leur matière première. Les pétroles lourds sont principalement produits par les pays de l'Opep ; la réduction de la production des principaux pays producteurs a raréfié l'offre, et donc renchéri son prix. Aline Robert
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