Quand la Banque de France marque au fer rouge les dirigeants de PME...

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Il n'y a pas que la cotation de crédit Banque de France qui importe ! En effet, parallèlement à cette cotation qui apprécie la capacité de l'entreprise à honorer ses engagements financiers à un horizon de trois ans, la Banque de France a aussi mis en place une cotation personnelle du dirigeant. Les 2,5 millions de chefs d'entreprises recensés en France sont concernés, qu'ils soient simple entrepreneur individuel, gérant, président, directeur général ou président-directeur général. Contrairement à la première, la seconde cotation ne reflète aucun jugement de valeur de la Banque de France sur les compétences de ce dirigeant. Elle se limite simplement, froidement, à traduire des éléments objectifs, en l'occurrence des informations publiques fournies par les tribunaux de commerce. Parmi les quatre cotations en vigueur, la note 040 indique que le dirigeant a connu un dépôt de bilan au cours des trois dernières années. Pour mémoire, un dépôt de bilan ne signifie pas une cessation d'activité. Au contraire, cette procédure met un temps l'entreprise à l'abri de ses créanciers. Elle continue son activité, elle paye toujours ses salariés. Toutefois, seules 2,5 % des entreprises qui ont déposé leur bilan retrouvent la voie de la croissance.Un peu abusiveEn toute logique, si une entreprise réussit l'exploit de sortir la tête de l'eau, grâce à un plan de continuation mis en place avec un administrateur judiciaire, elle devrait pouvoir poursuivre un développement normal. « Or, cette seconde chance n'existe pas. Cette cotation est utilisée de façon un peu abusive par les acteurs bancaires », déplore Jean-François Roubaud, le président de la CGPME. « Frappé de plein fouet par la crise, j'ai dû me résoudre en 2009 à déposer le bilan car la plupart de mes clients avaient subitement disparu », explique Nicolas Doucerain, le fondateur de Solic, société spécialisée dans le conseil en ressources humaines et recrutement spécialisé, auteur d'un ouvrage qui rappelle cet épisode particulier de la vie de son entreprise*.« Deux ans après, Solic est à nouveau sur de bons rails. Nous avons recruté près d'une vingtaine de personnes. Mais, à cause de cette cotation personnelle, aucune banque ne veut nous aider à grandir sereinement en nous accordant des lignes de crédit. Les opportunités de développement sont pourtant nombreuses. Compte tenu des dégâts occasionnés par la crise, j'imagine que je ne suis pas un cas isolé. Dans ce contexte, comment peut-on afficher la volonté de faire grandir les entreprises tricolores », s'interroge le chef d'entreprise.(*) « Ma petite entreprise a connu la crise », François Bourin Éditeur.

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