Les groupes de pharmacie se ruent sur le matériel médical
La Tribune
La Tribune
C'est clinique. Les groupes pharmaceutiques, qui cherchent tous une parade à l'expiration de leurs brevets les plus rentables et à la fin programmée des blockbusters, se dirigent, pour certains, vers une stratégie de diversification à la périphérie de leurs activités. Notamment dans le secteur du matériel médical. L'américain Johnson & Johnsonnson (J&J) a ainsi entamé des discussions pour racheter le fabricant d'implants chirurgicaux américano-suisse Synthes (3,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour 908 millions de résultat net en 2010). En cas de succès, J&J renforcerait son leadership mondial dans le matériel médical. Cette activité a représenté 40 % de ses ventes l'an dernier. La société orthopédique britannique cotée à Wall Street, Smith & Nephew, pourrait aussi faire l'objet d'une offre de rachat par J&J, selon des rumeurs de marché.Selon le « Wall Street Journal », le montant de l'opération pour le rachat de Synthes pourrait s'élever à 20 milliards de dollars (14 milliards d'euros), soit la plus grosse acquisition de J&J depuis sa création. Mais la transaction représenterait seulement une prime de 8 % par rapport au cours de Synthes de vendredi. J&J devra convaincre le président de Synthes, Hansjörg Wyss, en personne, qui détient 39,6 % des actions, et la famille Wyss (8,2 %).Fluctuations de coursLa diversification des groupes pharmaceutiques a bousculé, ces derniers temps, le secteur du matériel médical. Début février, le conglomérat américain Danaher Corp. a mis la main sur le spécialiste des produits de diagnostic Beckman Coulter pour 6,8 milliards de dollars pour faire grandir sa division médicale. Vendredi, l'action de Synthes avait déjà bondi de 6,2 % sur fond de rumeurs d'un intérêt du quatrième acteur mondial du secteur, l'américain Medtronic. Enfin, « Mail of Sunday » affirmait que le spécialiste des produits orthopédiques Zimmer figurait sur les rangs des repreneurs potentiels d'Astra Tech, la division implants dentaires et appareils médicaux d'AstraZeneca. Michel Cabirol
La Tribune