Une union pour la taille et les marges

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« Nous sommes dans un marché de plus en plus mature, avec de fortes pressions sur les marges, et nos besoins d'investissements dans les réseaux et les infrastructures sont de plus en plus importants, avec l'explosion du trafic de données mobiles », explique Olaf Swantee, directeur exécutif pour l'Europe et les achats chez Orange. L'opérateur, qui subit comme ses homologues l'impact de la réglementation sur sa rentabilité, a exploré de nombreuses pistes pour réduire les coûts, notamment des rapprochements. En Suisse, la fusion d'Orange avec Sunrise (filiale du danois TDC) a été retoquée par le régulateur l'an dernier. Il faut donc trouver d'autres solutions pour générer des économies d'échelle, sans pour autant tailler dans le vif des effectifs, encore pléthoriques, alors que le groupe est encore convalescent après sa crise des suicides.« C'est un marché global dans lequel la taille compte », a plaidé de son côté le directeur de la technologie de Deutsche Telekom, Edward Kozel. Les deux opérateurs européens ne sont pourtant pas des nains du secteur sur la scène internationale. Orange est par exemple le deuxième vendeur d'iPhone dans le monde et compte 150 millions de clients mobiles, Deutsche Telekom un peu moins de 100 millions (hors T-Mobile USA qu'il va céder à AT&Tmp;T). Mettre leurs forces d'achat en commun les aidera à combler en partie l'écart avec les très grands opérateurs mondiaux, en particulier le britannique Vodafone et ses 360 millions de clients mobiles dans le monde, et dépasser l'espagnol Telefonica (220 millions). À eux deux, France Télécome;lécom et Deutsche Telekom représentent 45 millions de téléphones mobiles achetés par an dans 50 pays. De quoi obtenir de plus fortes ristournes, alors que la montée en puissance des smartphones fait croître la facture des achats de terminaux.Regard sur les standards technologiquesIl y a aussi de quoi peser davantage dans la définition des standards technologiques et « être sûrs que les besoins européens sont bien représentés », confirme Olaf Wantee. Auront-ils de meilleures conditions sur les iPhone ? « Nous n'avons pas encore travaillé avec les fournisseurs », répond-il. Toutefois, les économies les plus importantes proviendront des équipements de réseaux. Les Alcatel-Lucent et autres Nokia Siemens ont-ils du souci à se faire sur les prix, déjà tirés à la baisse par les chinois Huawei et ZTE ? « Les fournisseurs vont profiter de notre effet de taille et de l'harmonisation technologique », assurent les deux opérateurs, qui ont néanmoins prévu un alignement sur le meilleur prix obtenu par l'un des partenaires auprès de chaque équipementier.Reste à savoir à quoi serviront les économies générées : restaurer les marges pour verser plus de dividende, accélérer les investissements dans les réseaux à très haut débit (fixe et mobile) ou renforcer les efforts commerciaux pour être plus compétitifs ? D. C.

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