La défense britannique voit son budget amputé de 15 %
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La défense britannique se prépare à une rigueur sans précédent. Le détail précis des réductions ne sera annoncé que le 20 octobre, quand les exercices de « révision budgétaire » d'une part, et de « révision stratégique de défense » d'autre part, seront terminés. Mais la baisse devrait être autour de 15 % en valeur réelle d'ici cinq ans.Les grandes sociétés de défense vont donc en souffrir directement, BAE Systems en tête. L'entreprise britannique de défense, qui emploie 40.000 personnes en Grande-Bretagne, soit 37 % de ses effectifs, ne se fait guère d'illusions. La semaine dernière, Ian King, son directeur général, a présenté un plan pour trouver des relais de croissance à l'international, afin de compenser les réductions en Grande-Bretagne.L'avion de chasse Eurofighter Typhoon, fabriqué par BAE Systems, Finmeccanica et EADS, est un exemple clé. La Grande-Bretagne en a déjà commandé 160, mais pourrait supprimer son option d'achat sur 48 autres. Pour compenser, BAE vient d'entamer des négociations officielles pour en vendre à Oman. « Le Japon veut aussi remplacer ses avions de chasse et nous pensons avoir une bonne chance de remporter un accord », ajoute Ian King.Reste qu'il sera difficile de compenser entièrement la réduction prévue par la défense britannique, dont le budget est actuellement de 40 milliards de livres (47 milliards d'euros). Outre le Typhoon, l'un des programmes les plus vulnérables est l'avion de chasse F-35, développé par Lockheed Martin et commandé par l'armée britannique. Certains analystes pensent aussi que la commande de l'un des deux nouveaux porte-avions ?réalisés notamment par BAE, Babcock International et Thales- pourrait être supprimée. Cependant, les contrats sont déjà très avancés, ce qui rendra leur annulation difficile.snle menacésReste enfin la décision la plus explosive : le renouvellement du Trident, le système de dissuasion nucléaire basé sur les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), qui arrive à échéance en 2024. Il demeure possible qu'il ne finance que trois sous-marins, au lieu des quatre nécessaires pour avoir une dissuasion en permanence opérationnelle. Les libéraux-démocrates, partenaires des conservateurs au gouvernement, avaient fait campagne pour ne pas renouveler le Trident intégralement et ils pourraient pousser dans ce sens. Pour faire face, le ministère de la Défense, sous pression avec la guerre en Afghanistan, tente de faire en sorte que la dissuasion nucléaire ne soit pas concernée par la rigueur, estimant qu'il s'agit d'une décision de stratégie nationale.Eric Albert, à Londre
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