Moindre croissance pour le Pentagone

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« Une nouvelle réalité. » C'est en ces termes mesurés que le PDG de Lockheed Martin, Bob Stevens, décrit la politique budgétaire du Pentagone depuis la prise de fonctions de Barack Obama. Après deux mandats de George W. Bush marqués par une hausse moyenne de 4 % du budget annuel du Pentagone, la Maison-Blanche a assuré qu'elle passerait au peigne fin l'ensemble de ses dépenses d'armement. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, rappelle régulièrement à Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman et à leurs concurrents, que le « robinet » budgétaire ouvert après les attentats du 11 septembre 2001 « a été fermé et le restera pour une longue période ».Pour autant, compte tenu des opérations en Irak et en Afghanistan, l'administration Obama n'a pas coupé dans les dépenses du Pentagone mais s'est contentée de réduire leur croissance. Ainsi, le budget du Pentagone, soumis au Congrès pour l'exercice fiscal 2011 qui démarrera le 1er octobre, s'élève-t-il à 549 milliards de dollars, une hausse de 1,8 % sur 2010. Le contrôleur des comptes du Pentagone, Robert Hale, a prévenu que, d'ici à 2016, la hausse du budget annuel du Pentagone serait en moyenne supérieure de 1 % à celle de l'inflation et que les dépenses en armement et en modernisation du matériel militaire s'apprécieraient de 2 % à 3 %.100 milliards d'économieLe Pentagone a promis d'économiser 100 milliards de dollars dans ses frais généraux en cinq ans... qui seront redéployés pour soutenir l'effort de guerre. Par ailleurs, malgré un déficit fédéral attendu au-dessus de 1.000 milliards de dollars cette année, des élus du Congrès ont obtenu que certains programmes emblématiques de l'explosion des dépenses d'armement de ces dernières années soient certes réduits mais pas abandonnés. C'est le cas du chasseur bombardier F-35 de Lockheed Martin qui, une fois livré, devrait coûter 112,4 millions de dollars l'unité, soit 81 % de plus que l'estimation initiale réalisée en 2002.Dans une note récente à ses clients, la banque Barclays a toutefois prévenu qu'un « retrait plus rapide qu'anticip頻 des troupes américaines d'Irak pourrait exercer une pression supplémentaire sur les budgets du Pentagone, réduire la prédictibilité de ses programmes et, in fine, peser sur les résultats des industriels de l'armement américains. E. C.

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