Michael Dell ne fait plus l'unanimité auprès de ses actionnaires

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Les actionnaires de Dell désespèrent de voir remonter un jour l'action du groupe d'informatique. Et ils le font savoir. Lors de l'assemblée générale de la semaine dernière, environ un quart des actionnaires de la société ont voté contre la réélection au conseil d'administration de Michael Dell, le fondateur et emblématique patron du fabricant d'ordinateurs. S'il ne porte pas à conséquence, le résultat, révélé seulement mercredi par la direction de Dell, a suscité de nombreux commentaires aux États-Unis où il est relativement rare de voir une assemblée générale exprimer aussi fortement son opposition à un dirigeant. De surcroît, lorsqu'il s'agit d'une des icônes de la technologie, avec Bill Gates et Steve Jobs. En 2008, Jerry Yang, le co-fondateur de Yahoo, avait reçu 33,7 % de votes négatifs. Il avait dû quitter la tête du groupe Internet trois mois plus tard.Une stratégie contestéeMichael Dell ne cèdera pas cette fois la tête de l'entreprise qu'il a fondée en 1984 et dont il détient encore 14 % du capital. Mais ce vote négatif sonne comme un avertissement. Les investisseurs voulaient signifier leur mécontentement alors que Dell a récemment accepté de signer un accord avec le gendarme de la Bourse américaine (SEC) pour solder les poursuites engagées contre lui. Après une enquête ouverte en 2005, la SEC suspectait le groupe d'avoir embelli ses comptes entre 2001 et 2006. Pour mettre fin à la procédure, Dell a accepté de verser 100 millions de dollars. Michael Dell a payé 4 millions de sa poche et assure que ces pratiques ont cessé dès son retour à la tête de l'entreprise début 2007.Ce vote reflète surtout les interrogations des investisseurs sur la stratégie de Dell. Le retour aux commandes de Michael Dell n'a pas produit les effets escomptés. En un peu plus de trois ans, le cours de l'action a chuté de 50 %. Malgré le changement de politique commerciale, Dell a été distancé par HP. Le groupe a même été temporairement dépossédé de sa place de numéro deux mondial des PC par le taïwanais Acer en fin d'année 2010. Quant à sa stratégie de diversification dans les services informatiques ou les métiers plus rémunérateurs, les investisseurs restent sur leur faim. La moitié du chiffre d'affaires du groupe vient encore des PC, là où les marges sont les plus faibles. O. Pi.

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