Les ambitions d'EDF menacent la recapitalisation d'Areva

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À mesure que l'échéance se rapproche, le risque d'un report de l'augmentation de capital d'Areva, dans sa forme actuelle, grandit. Pour trancher la question la semaine prochaine, l'État va être amené à se prononcer sur le futur rôle qu'il entend voir jouer EDF chez Areva, afin de répondre aux préoccupations des fonds souverains du Qatar et du Koweït qui négocient actuellement, avec l'industriel japonais Mitsubishi, leur entrée à hauteur de 15 % au capital du groupe nucléaire.« Les investisseurs veulent, légitimement, avoir des indications sur les conditions auxquelles se ferait une éventuelle montée d'EDF au capital d'Areva, ainsi que sur ses conséquences », explique une source proche des négociations. Une demande de précisions d'autant plus vive que ce renforcement d'EDF au tour de table d'Areva, mis à l'étude par l'Élysée cet été, est farouchement combattu par Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, et Jean-Cyril Spinetta, président du conseil de surveillance du groupe détenu à 93 % par l'État. « Nous marier à EDF, c'est renoncer à tous les autres clients », répètent-ils à l'envi.« Si, au terme des discussions en cours, on ne trouve pas une position qui apporte aux investisseurs le confort nécessaire pour pouvoir avancer, on reportera l'opération », confie une source gouvernementale. En clair : si les fonds du Moyen-Orient ne partagent pas la vision de l'État sur le futur d'Areva, tout sera à refaire. Au menu : le rôle d'EDF, mais aussi l'avenir du pôle minier d'Areva, pour lequel le fonds qatari (QIA) affiche depuis des mois un fort intérêt. « Ce point n'est pas bloquant. La question est de savoir si l'activité minière sera, ou non, séparée. Dans ce cas, il n'est pas anormal qu'un actionnaire du groupe ait un accès privilégié au capital d'une filiale », commente un proche du dossier.Actifs en coulisseS'il est impossible pour l'État de trancher en quelques jours des questions en débat depuis des années, EDF et Areva s'activent néanmoins en coulisse, dans deux sens opposés. Areva veut impérativement boucler l'actuelle opération. Un report affaiblirait Anne Lauvergeon à six mois de l'échéance de son mandat. Et renforcerait la position du PDG d'EDF Henri Proglio, désireux de renforcer son emprise sur l'ensemble de la filière nucléaire française. Avec Patrick Kron, le patron d'Alstom, il pèse déjà de tout son poids pour que l'entrée de Mitsubishi, à hauteur de 2 % à 3 % d'Areva, soit renvoyée à une deuxième étape.À Bercy, on prépare les esprits à un nouveau délai, alors que la date limite de remise des offres a déjà été reportée à lundi prochain. « L'absence de fumée blanche lundi ne signifiera pas que l'ensemble de l'opération est à l'eau », prévient-on.

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