Diamants : les lapidaires israéliens craignent leurs concurrents indiens

Les lapidaires israéliens ne se font pas de souci pour le court terme mais craignent toutefois pour leur avenir. La bourse du diamant de Ramat Gan située près de Tel Aviv, longtemps la plus importante du monde pour les pierres taillées, a été récemment détrônée par la nouvelle bourse de Bombay. Autre motif d'inquiétude : les pierres indiennes ont réussi une percée significative aux États-Unis, le marché le plus lucratif. Malgré cette concurrence, depuis le début 2010, les 20.000 professionnels israéliens du secteur n'ont pas eu à se plaindre. Au cours des dix premiers mois de l'année, les exportations de diamants taillés ont grimpé de 56 % pour atteindre 4,85 milliards de dollars par rapport à la même période de 2009. Au total, leur chiffre d'affaires devrait atteindre 8 milliards de dollars sur l'ensemble de 2010, en progression attendue d'environ 30 %. Mais, comme le souligne Avi Paz, le président de la bourse israélienne du diamant, ces brillantes performances sont quelque peu trompeuses. « Nos exportations devraient progresser de 40 % pour l'ensemble de l'année par rapport à 2009, nous serons toutefois encore à 20 % en dessous du record absolu de 2007, avant le déclenchement de la crise », souligne Avi Paz.Frilosité des banquesDe plus, les lapidaires indiens profitent mieux du début de reprise que leurs concurrents israéliens. Ces derniers perdent du terrain sur le marché américain. Leurs exportations de pierres taillées vers les États-Unis ont reculé de 28 % au cours des sept premier mois de l'année par rapport à 2008, alors que dans le même temps, les lapidaires indiens ont vu leurs ventes grimper de 25 % outre-Atlantique pour atteindre un record de 3 milliards de dollars. Selon Moti Gantz, le président de l'association des industriels israéliens du diamant, ce recul s'explique en partie par des distorsions de concurrence.« Le secteur du diamant indien bénéficie d'une aide beaucoup plus généreuse de la part du gouvernement, mais aussi des banques », déplore-t-il. La masse de créances bancaires accumulée par les professionnels indiens dépasse les 5 milliards de dollars, contre seulement 1,5 milliard de dollars en Israël. « Cette frilosité des banques à accorder des crédits, nous pénalisent surtout pour le financement de l'importation de pierres brutes », confirme Avi Paz.Pour pouvoir se battre à armes égales, les lapidaires ont fait appel au Premier ministre Benjamin Netanyahu afin d'obtenir des garanties du gouvernement qui permettraient aux professionnels d'obtenir plus facilement des prêts. « Ce coup de pouce est d'autant plus nécessaire que nous n'avons qu'une visibilité très limitée pour ce qui est de 2011 en raison des incertitudes pesant sur l'économie américaine et de la volatilité du dollar, la seule monnaie de référence de la profession », affirme Avi Paz.Un certain savoir-faireL'autre espoir réside dans le « savoir faire » israélien. Selon Avi Paz « les Indiens exportent surtout des petites pierres pour lesquelles les coûts de main d'oeuvre pour les opérations de taille sont 50 % moins chères que chez nous. Or, proportionnellement, ce facteur joue beaucoup moins pour les moyens et gros diamants qui restent notre spécialité », se rassure le responsable.

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